Ce que dit Sarkozy dans le «Figaro Magazine»

PRESIDENTIELLE «20 Minutes» a fait pour vous la sélection des meilleurs passages de l'entretien du chef de l'Etat à l'hebdomadaire...

Anne-Laëtitia Béraud

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Nicolas Sarkozy à Longjumeau, en banlieue parisienne, le 2 février 2012.
Nicolas Sarkozy à Longjumeau, en banlieue parisienne, le 2 février 2012. — CHESNOT / SIPA

Mariage homosexuel, référendums, annonce de sa candidature… Nicolas Sarkozy a accordé un entretien à l’hebdomadaire Figaro Magazine, à paraître ce samedi, intitulé «Mes valeurs pour la France». Il y énonce notamment son triptyque de valeurs: «travail, responsabilité, autorité». Sélection réalisée par 20 Minutes

Sa candidature à l’élection présidentielle

A la première question de cet entretien, sur la date d’annonce officielle de sa candidature à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy répond: «J’ai dit que le rendez-vous approchait: il approche», ajoutant: «Si la question est de savoir si j'ai réfléchi, sur le fond et sur la forme, ma réponse est oui».

Les valeurs

Le Président répond: «Travail, responsabilité, autorité, je me reconnais plus que jamais dans ce triptyque!». Sur le travail, il précise: «Après cinq ans de mandat, je suis plus convaincu que jamais qu’il faut récompenser le travail et renforcer la considération qu’on lui porte (…). Le travail est une valeur en soi, nécessaire à l’accomplissement de l’individu comme à la cohésion de la société. Tout ce qui peut alléger le coût du travail, récompenser l’effort, le mérite, faire la différence avec l’assistanat, doit donc continuer à être mis en œuvre de façon systématique».

Le RSA

Demi-succès ou demi-échec, Nicolas Sarkozy affirme: «Il faut dire la vérité: le RSA a mieux fonctionné comme instrument de lutte contre la pauvreté que comme outil de réinsertion. (…) Il est vrai aussi que notre système d’indemnisation du chômage fonctionne mal, au sens où il ne permet pas suffisamment à un demandeur d’emploi de retrouver un travail.»

L’indemnisation chômage et la formation

Le chef de l’Etat «propose de créer un nouveau système dans lequel l’indemnisation ne sera pas une allocation que l’on touche passivement, mais la rémunération que le service public de l’emploi versera à chaque demandeur d’emploi en contrepartie de la formation qu’il devra suivre».

Il ajoute que «passé un délai de quelques mois, toute personne au chômage sans perspective sérieuse de reprise d’emploi devra choisir une formation qualifiante. (…). A l’issue de cette formation, qui sera obligatoire, le chômeur sera tenu d’accepter la première offre d’emploi correspondant au métier pour lequel il aura été nouvellement formé.»

Le recours au référendum

Le chef de l’Etat annonce envisager des référendums, qualifiés «d’opportunité de s’adresser directement aux Français pour qu'ils donnent leur opinion». «Je crois que la meilleure façon de surmonter des blocages dans notre société, c'est de s'adresser directement au peuple français», ajoute Nicolas Sarkozy. 

Les sujets soumis au référendum

Les sujets soumis «directement aux Français pour qu’ils donnent leur opinion» porteraient sur «ce système d’indemnisation du chômage et sur la façon dont on doit considérer le travail et l’assistanat» ou encore le droit des étrangers. Par contre, il ne souhaite pas de référendum sur l’éducation, car ce serait vu comme «un moyen de monter une partie de la société contre le monde éducatif.» 

Le mariage et l’adoption par les homosexuels

Nicolas Sarkozy indique: «Je n’y suis pas favorable. (...) En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, je ne crois pas qu’il faille brouiller l’image de cette institution sociale essentielle qu’est le mariage. Sur l’adoption par des couples de même sexe, il ajoute: «C’est une des raisons pour lesquelles je ne suis pas favorable au mariage homosexuel. Il ouvrirait la porte à l’adoption.» 

L’euthanasie

«L’euthanasie légalisée risquerait de nous entraîner vers des débordements dangereux et serait contraire à notre conception de la dignité de l’être humain. La loi Leonetti est parfaitement équilibrée, elle fixe un principe, celui du respect de la vie», explique Nicolas Sarkozy, qui ajoute: «On n’est pas obligé de légiférer sur tout et tout le temps.» 

Le droit de vote aux étrangers aux élections locales, la régularisation, les titres de séjours…

Le Président déclare, à propos du droit de vote aux étrangers aux élections locales: «Ce n’est vraiment pas le moment, avec tous les risques de montée du communautarisme. (…) Ma réponse est non. Le droit de vote doit rester lié à la citoyenneté. De la même façon, je dis très clairement que, contrairement à François Hollande, je ne suis pas favorable à la régularisation des étrangers en situation irrégulière qui créerait immédiatement un appel d’air…Enfin, je pose la question de la juridiction compétente s’agissant du droit des étrangers. (...) Je pense que la juridiction administrative devrait être seule compétente en matière d’immigration». 

Sur les «titres de séjours obtenus par le mariage avec un Français (plus de 25.000 chaque année)», le chef de l’Etat veut qu’ils «soient soumis aux mêmes conditions de logement et de ressources» afin de combattre les fraudes. 

Nicolas Sarkozy veut par ailleurs «réformer les prestations accordées aux demandeurs de droit d'asile. Elles seront limitées quand le demandeur ne coopérera pas avec l'administration, quand il déposera sa demande plus de trois mois après son entrée sur le territoire, ou quand il refusera une offre d'hébergement». 

Marine Le Pen et les parrainages

A la question: «Serait-il normal que Marine Le Pen ne puisse pas se présenter faute de signatures?», Nicolas Sarkozy répond: «Je considère qu’un courant politique qui réunit plusieurs millions de citoyens à chaque élection doit pouvoir être représenté à la présidentielle.» 

A propos d’un retour à l’anonymat des parrainages, il explique: «Le Conseil constitutionnel est saisi. Nous verrons ce qu’il répondra. Par principe, je suis opposé à l’anonymat. (…) un élu doit dire ce qu’il fait à ses concitoyens. Cela dit, je ne serais pas opposé à ce qu’il y ait, à l’avenir, une évolution de la législation pour permettre aussi à un certain nombre de citoyens de parrainer le candidat de leur choix. Les problèmes actuels ne se poseraient plus.»