Polémique sur le «physique» d'Eva Joly: «Je n'ai porté aucun jugement», affirme Morano

PRÉSIDENTIELLE a ministre de l'Apprentissage a notamment estimé que la candidate EELV avait un «problème d'image» dû à son «physique»...

Nicolas Bégasse

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Nadine Morano à Toulouse, le 2 février 2012.
Nadine Morano à Toulouse, le 2 février 2012. — LANCELOT FREDERIC/SIPA

Nadine Morano a réagi mercredi en début d'après-midi à la polémique suscitée par ses propos sur le «physique» d'Eva Joly, repris dans le Parisien. «Maintenant ça suffit!», tonne la ministre de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle sur son blog. Rejetant le faute sur les «journalistes qui déforment nos propos et cherchent la polémique», Nadine Morano se défend: «Je n’ai porté aucun jugement sur le "physique" d’Eva Joly. C’est une adversaire politique que je respecte et dont j’ai simplement évoqué le naturel et la liberté d’allure (...).»

La polémique est partie d’un entretien accordé au Parisien et publié mercredi dans lequel Nadine Morano, attaque deux candidates à l’élection présidentielle. Des attaques portées sur leur physique plutôt que sur leurs idées.

«Médecine esthétique et correction dentaire»

Interrogée par la quotidien sur la série de France 2 «Les hommes de l’ombre», qui montre la campagne d’une femme à l’élection présidentielle, Nadine Morano explique l’importance du physique chez une femme politique. «Les images restent, alors il faut faire attention à tout, surtout quand on est une femme, scrutée du brushing aux chaussures», estime la ministre, avant de poursuivre: «Le problème d’image d’Eva Joly ne vient pas que de son accent, c’est aussi physique. On sent du coup qu’il n’y a pas de communicant derrière.»

Eva Joly n’est pas la seule à subir le coup de griffe de Morano. Celle-ci poursuit ses observations à propos d’une autre (ex-)candidate: Ségolène Royal qui, «contrairement» à Joly, «en 2007, est allée jusqu’à la médecine esthétique et la correction dentaire». Un compliment plutôt vache, immédiatement nuancé: «C’est de l’emballage qui rend un candidat attrayant, accessible, mais, sans travail sur le fond, ça n’a pas d’incidence sur le vote des Français.»

Hollande pas épargné non plus

Nadine Morano n’épargne pas non plus François Hollande: «(…) On est dans la construction d’un personnage par des communicants. Je fais un régime, je change de lunettes, je fais attention à me contenir à tout instant… Mais l’image se fissure toujours à un moment», croit savoir celle qui assure, dans le même entretien, faire son autocritique, y compris vestimentaire, après chaque passage télévisé.

Les réactions à l’article ne se sont pas fait attendre, notamment sur Twitter. Cécile Duflot, par exemple, a exprimé son ras-le-bol.

Sur Europe 1, la ministre du Budget, Valérie Pécresse, a défendu sa collègue, affirmant qu’elle ne participerait pas au «Morano bashing». Avant de conclure: «On est extrêmement sévère avec Nadine Morano»…