Présidentielle: Christine Boutin cherche sa voie en Martinique

REPORTAGE La candidate à la présidentielle effectue un déplacement en Martinique jusqu'à lundi...

Envoyée spéciale à Fort-de-France, Anne-Laëtitia Béraud

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Christine Boutin en campagne en Martinique, le 5 février 2012.
Christine Boutin en campagne en Martinique, le 5 février 2012. — A.-L. Béraud / 20Minutes

Direction les Antilles pour Christine Boutin, candidate à l’élection présidentielle. Depuis vendredi et jusqu’à ce lundi, la présidente du Parti Chrétien-Démocrate effectue un déplacement en Martinique. Elle y a été invitée par le Forum politique chrétien, une association évangélique qui promeut les valeurs chrétiennes dans le débat politique.

La «candidate de premier tour», comme elle se définit, veut «rencontrer et écouter les vrais Martiniquais». «Sans esbroufe», elle souhaite «faire comprendre aux Français continentaux la richesse des Dom-Tom», et affirmer que «les ultra-marins font partie intégrante de la France». Pour faire entendre son message, elle multiplie les interviews avec les médias régionaux et les visites de terrain.

Dire que «les ultra-marins font partie intégrante de la France»

Sur le marché central de Fort-de-France, qui embaume d’odeurs épicées et de vanille fraîche, ou dans une exploitation d’ananas perdue dans le nord de l’île, à Basse-Pointe, elle récolte les témoignages de Martiniquais.

Ceux-ci, à défaut de toujours la reconnaître et connaître son programme, complimentent la démarche de venir en Outre-mer. «La campagne se fait trop à Paris», glisse Emmanuella Dintimille, une commerçante en fruits et légumes de Fort-de-France, «pourtant nous avons notre mot à dire dans cette campagne».  La candidate rencontre également des métropolitains en vacances, pour la plupart retraités, qui ne rechignent pas à découvrir, «en vrai, pas à la télé», une candidate à la présidentielle, ni à lui serrer la main.

Les problématiques ultra-marines ressemblent à celles de «la France continentale», découvre la candidate. Dans une «habitation» d’ananas, - une exploitation tenue par un béké, un descendant de colons blancs- sous la montagne, la candidate écoute Juvenal Remir parler «de la souffrance du terrain», des petites retraites, ou de la vie chère.

Chômage, crise et vie chère

Car le quotidien de l’île des fleurs n’est pas si rose. Le chômage est l’un des problèmes majeurs de la Martinique. Aux alentours de 23% officiellement, il atteindrait plus de 50% pour les jeunes de 18 à 25 ans.  La violence a augmenté, tout comme la diffusion du crack et les gangs. Des armes à feu, utilisées pour des braquages, circuleraient aisément entre les Antilles anglaises, Sainte-Lucie et la Martinique.

A défaut de maires, qui pourraient lui apporter de précieux parrainages –la candidate dispose de 250 sur les 500 nécessaires pour pouvoir se présenter- Christine Boutin a également rencontré une soixantaine de chrétiens au cours d’un forum politique, samedi. Devant la petite assemblée de convaincus, elle a notamment répété son opposition au mariage homosexuel, qui ouvre la voie à l’adoption pour les personnes de même sexe. Elle a également rappelé les valeurs chrétiennes qui guident son engagement politique et sa campagne, déclarant, au détour d'une phrase: «J'ai dédié ma vie à Dieu».

Candidate qui «n’attend rien» pour elle-même

Une campagne présidentielle atypique d’une candidate, qui totalise entre 0 et 1% d'intentions de vote, «qui n’a rien à gagner», «qui n’attend rien "pour elle-même" et certainement pas un poste de ministre», mais qui s’engage à placer «des valeurs, un engagement» au cœur de la vie politique française.

Déplacement phare de sa campagne, la Martinique représente, selon Christine Boutin, une occasion de «découvrir les richesses et les différences de la France», mais aussi faire une place à «l’altérité, la différence». «Ne pas venir serait une faute», conclut-elle.