Comment s'est renforcé le dispositif de sécurité autour de François Hollande

POLITIQUE Le socialiste avait choisi un dispositif de sécurité graduel pour permettre une «période d'accoutumance» à ces fonctionnaires ultra-présents...

Maud Pierron

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François Hollande, devant l'hôpital Robert-Debré, le 2 février 2012 à Paris.
François Hollande, devant l'hôpital Robert-Debré, le 2 février 2012 à Paris. — Fred DUFOUR / AFP

Pas de chance, le jour où François Hollande a été «enfariné», les officiers choisis pour assurer sa sécurité pendant la campagne présidentielle étaient à son QG, pour une dernière réunion avant leur entrée en fonction officielle, ce jeudi. «On a choisi un dispositif qui monte en puissance jusqu’à la fin janvier, pour suivre la montée en puissance de la campagne», justifie Nacer Meddah, le préfet qui occupe le rôle de secrétaire général auprès du candidat socialiste. Ils sont désormais 15 du service de protection des hautes personnalités (SPHP) autour du favori des sondages.

Depuis décembre et jusqu’à mercredi, seuls deux d’entre eux étaient rentrés en fonction. Concrètement, un seul le suivait chaque jour, pour assurer le roulement nécessaire. Un dispositif ultra-léger qui a permis à l’incident de mercredi à la Fondation Abbé-Pierre d’arriver. «En dessous de trois sur le terrain, ce n’est pas de la protection rapprochée, c’est de la facilitation de déplacement», explique Jean-Pierre Diot, un ancien membre du SPHP qui a notamment officié auprès de Nicolas Sarkozy.

Du petit-déjeuner à la porte de l’hôtel

Le ministère de l’Intérieur lui avait pourtant rapidement proposé après sa désignation lors des primaires socialistes une protection rapprochée plus complète. Le socialiste avait d’abord rechigné. Par peur de «mouchards» car ces fonctionnaires suivent le candidat toute la journée, du petit-déjeuner jusqu’à la porte de son domicile, ou de son hôtel le soir, et assistent à des réunions stratégiques et sensibles. Mais aussi car le socialiste aime être libre de ses mouvements. «Ils ont accepté par la force des choses», relaie Jean-Pierre Diot. 

L’équipe de quinze personnes est dirigée par une commandante, qui chapeaute deux capitaines qui eux-mêmes pilotent douze officiers. Ce qui permettra d’avoir en permanence trois personnes dédiées à la surveillance et la protection du candidat socialiste. Sauf dans les moments purement privés, si le demande François Hollande. «C'est au candidat d'apprécier. Mais en temps de campagne, il y a peu de déplacements qui ont un caractère privé».

«Une période d’accoutumance»

«Au début, François pouvait s’interroger sur le fait que ces fonctionnaires fassent barrage avec les Français et l’empêche d’être en contact direct avec les gens. Mais il a désormais très bien intégré ces contraintes», explique Nacer Meddah. C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’il a été choisi de mettre en place un dispositif graduel pour laisser à François Hollande «une période d’accoutumance». «On ne les voit quasiment pas et ils sont très présents», assure encore le préfet.

C’est Daniel Vaillant qui a piloté les réunions avec la place Beauvau pour sélectionner la future équipe. Un long travail puisque de chaque côté, les officiers comme les personnalités peuvent refuser. Nacer Meddah réfute que la sélection a été faite selon des critères politiques. «On souhaitait des gens aguerris, expérimentés. Ce qui s’est passé mercredi est une bonne alerte qui ne doit pas être minimisée. Avec l’équipe au complet, on va désormais pouvoir assurer la sécurité renforcée de François Hollande», conclut Nacer Meddah. Hormis leurs armes de service, les officiers auprès du socialiste ont également une valise en kevlar, un matériau qui résiste à tout. Mais qui n’aurait pas empêché des particules de farine de l’atteindre…