Cécile Duflot part en campagne pour Eva Joly

POLITIQUE La patronne d'EELV va parcourir la France pour soutenir la candidate de son parti…

Maud Pierron, envoyée spéciale à Reims

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Cécile Duflot lors d'une conférence de presse le 30 janvier 2012.
Cécile Duflot lors d'une conférence de presse le 30 janvier 2012. — BERTRAND GUAY/ AFP

De notre envoyé spécial en Champagne,

«On trinque… à la victoire». Dans les caves d’un viticulteur d’Ambonnay, dans la Marne, un verre de champagne à la main, Cécile Duflot plaisante. «Si on veut arriver à ses fins, il faut se battre, ce n’est pas à une politique que je vais apprendre ça», lui lance Eric Rodez à propos de sa conversion au champagne bio. La patronne du mouvement acquiesce. Malgré la mauvaise passe dans les sondages de «sa» candidate, Eva Joly, elle n’abdique pas. La patronne du parti s'active, «fait l'abeille» quand d'autres proches de l'ancienne magistrate sont aux abonnés absents dans une campagne difficile.

«Eva Joly n'a pas les codes médiatiques»

Sa «tournée générale», son tour de France des régions - un ou deux déplacements par semaine - pour soutenir Eva Joly l’amenait hier à Reims. Le but? Rencontrer la presse locale, y défendre Eva Joly, faire un «clin d’œil» aux candidats d’EELV aux législatives mais surtout «mobiliser les militants». «Sur les marchés, on nous parle que de la forme qui ne va pas, et pas du fond, c’est dommage», explique Sébastien Gavignet, porte-parole régional d’EELV. «Eva Joly n’a pas les codes médiatiques et n’est pas politicienne. Mais elle correspond à la manière dont ont fait la politique», se rassure-t-il malgré les 3% maximum promis par les sondages.

S’il y a eu des maladresses dans la campagne d’Eva Joly, Cécile Duflot regrette surtout «l’injustice» qui touche l’ancienne magistrate dans la manière dont sont compris ses propos. Elle sent même une part de «xénophobie» dans les attaques contre Eva Joly. «Cécile peut dire la même chose qu’Eva, ce sera perçu différemment. Tout ce que dit Eva est pris négtivement. Elle a une expression plus tranchante», euphémise Pascal Durand, le porte-parole du mouvement. Un problème désormais, par la force des choses, bien «identifié» par les cadres d'EELV et qui peut être «anticipé».

«Tout peut encore basculer»

Après le recadrage de la campagne de l’ancienne magistrate autour de l’écologie et l’Europe intervenu lundi, EELV espère un sursaut dans l’opinion, une relance de la candidate Joly. «Une campagne c’est très long, tout peut encore basculer», juge Pascal Durand pour peu qu'elle «trace son sillon» sur l'écologie. La direction du mouvement, qui estime «faire le job», attend désormais que les cadres de l’équipe de campagne montent enfin au front pour défendre une candidate constamment pilonnée.

«Il faut qu’ils soient au soutien, surtout en ce moment où sa parole n’est pas relayée positivement. Mais on n’impose rien», lâche Pascal Durand, tout en serrant les dents. «La présidentielle n’est pas jouée, il n’y a pas la certitude du vote comme en 2007. Ce sera une campagne pleine de surprise», positive Cécile Duflot dans un café du centre ville de Reims.