Présidentielle: François Hollande parle de sa vision de la dissuasion nucléaire

POLITIQUE Le candidat PS a visité le site stratégique de l’Île Longue…

Matthieu Goar à Brest

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François Hollande présente ses 60 propositions pour redresser la France, le 26 janvier à Paris.
François Hollande présente ses 60 propositions pour redresser la France, le 26 janvier à Paris. — CHESNOT/CHAMUSSY/SIPA

De notre envoyé spécial à Brest

C’est l’un des passages obligés de tout prétendant à la fonction suprême. L’Île Longue, au fond de la rade de Brest, est un site stratégique de la dissuasion nucléaire française. Ici, sont entretenus, entre deux missions, les quatre sous-marins lanceurs d’engins (SNLE) de la marine française. « Je suis venu ici marquer l’exigence qui est la nôtre de garder notre force nucléaire», s’est exprimé Hollande qui a pu visiter Le Triomphant «en conditionnement» actuellement. C’est-à-dire en révision.

Le principe de la dissuasion française est d’avoir toujours au moins un SNLE en mission pour pouvoir riposter. «Je veux aussi insister sur la conception qui est la nôtre. L’arme nucléaire est dans une stratégie défensive. Elle ne peut être utilisée que si nos intérêts vitaux sont engagés», a déclaré le socialiste, accompagné par Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional de Bretagne et l’un des meilleurs spécialistes des questions militaires au sein du PS. Un parti qui,sur ces questions n’a pas un point de vue différents de l’UMP. «Nous considérons comme important de continuer la lutte contre la prolifération et qu’un effort de désarmement soit engagé», a conclu Hollande.

Quels moyens pour l’armée ?

Lors de cette visite, le candidat en a profité pour évoquer son agenda en ce qui concerne l’armée. «Dans l’hypothèse où il y aurait un changement (à l’Elysée, ndlr), je lancerai un livre blanc sur la Défense qui permettre de préparer la loi de programmation 2014-2020, a-t-il expliqué avant de préciser . L’armée sera soumise aux mêmes règles que tous les budgets: modernisation et efficacité.»

Mais quelle place tiendrait la Défense dans les arbitrages d’un gouvernement Hollande? A lire, les 60 propositions du candidat PS, pas grand-chose puisque la Défense n’y est abordée que sur quelques lignes très générales. «Je veillerai à ce que les armées disposent des moyens de leur mission et d’une organisation performante », peut-on notamment y lire.

Difficile donc de savoir quel sera l’avenir de l’armée dans une campagne axée sur les problèmes économiques et alors que Hollande souhaite désengager la France d’Afghanistan, dès les jours qui suivraient son élection. «Ce sera en fonction des menaces et des missions que nous jugerons (des budgets de la Défense, ndlr)», a seulement éludé, hier Hollande avant de se permettre une pique. «Elle (l’armée, ndlr) a besoin du personnel militaire, du personnel civil et d’une industrie, sans que celle-ci se confonde obligatoirement avec monsieur Dassault.»