Conseil national UMP: Un meeting pour requinquer les troupes

Anne-Laëtitia Béraud, au Conseil national de l'UMP

— 

Le Conseil national de l'UMP, à Paris, le 28 janvier 2012.
Le Conseil national de l'UMP, à Paris, le 28 janvier 2012. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

«Nous n’allons rien laisser passer à la gauche. Rien. Pas une ambigüité, pas une contradiction, pas un silence gêné.» Ce samedi après-midi, Jean-François Copé énonce un long discours lors du Conseil national de l’UMP, où il fustige le programme du candidat socialiste François Hollande, sous les applaudissements de la foule.

Pendant plus de trois heures, cette «réunion de la vie interne de l’UMP», qui a des furieuses ressemblances avec un meeting de campagne, rassemble un peu plus de 2.000 militants au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris. Ouvert par Jean-Pierre Raffarin, vice-président de l’UMP, qui débute son discours par un «bon anniversaire Nicolas Sarkozy», le  raout réunit également un parterre de cadres de la majorité.

Débat sur la parité des investitures UMP aux législatives

Ce conseil national, qui se tient à peine une semaine après le premier grand meeting de campagne de François Hollande au Bourget, a deux buts officiels: annoncer les investitures UMP pour les élections législatives de juin prochain et ratifier le projet du parti pour l’élection présidentielle. C’est dans ce projet, ratifié à plus de 96% par 86.295 adhérents (sur 261.000 revendiqués en janvier par Jean-François Copé) que le candidat du parti ira puiser ses idées pour l’élection présidentielle.

Parmi ces idées se trouvent notamment «sortir des 35 heures », «alléger le coût du travail», «instaurer une taxe sur les transactions financières», «mieux protéger les frontières de l’Europe», ou encore «ouvrir de nouvelles places de prison pour atteindre 80.000 places en 2017».

Slogan sur le courage

Concernant les investitures, Nadine Morano, déléguée générale UMP aux élections, a certifié que 40% des candidats investis dans les circonscriptions étaient des femmes, alors que le faible pourcentage d'investitures UMP accordées à des femmes a créé la polémique ces derniers jours (moins de 30%).

Ce conseil national était surtout l’occasion de requinquer les troupes UMP, à la veille d’une grande allocution télévisée du président de la République, alors que les sondages sont actuellement favorables au candidat socialiste.

Appui de la CDU allemande

«L’essentiel est de vaincre et de convaincre. L’essentiel, c’est d’éviter à notre pays l’épreuve du triple saut: dans l’inconnu, dans le flou du socialisme, ou dans le vide des extrémismes», s’enflamme François Fillon, le dernier orateur de cette après-midi, qui a notamment vu passer à la tribune l’allemand Hermann Gröhe, secrétaire général de la CDU, le parti de la chancelière Angela Merkel. Le long discours du Premier ministre réunit, dans un style combatif, un panorama des actions phares du quinquennat et une critique en règle du programme de François Hollande, qualifié de «rêve socialiste».

Leitmotiv de ce discours, et plus largement de ce meeting: le courage. Ce devrait être la base du slogan de campagne de Nicolas Sarkozy, énoncée à la fin d’un petit film projeté en cours d’après-midi: «C’est le courage qui donne la force d’agir». L’expression a été notamment répétée par Jean-François Copé. Le président de la République, qui n’est toujours pas candidat officiel, pourrait se déclarer début mars prochain.