Engagements de Hollande pour la France: «Merci les riches et la croissance», selon la presse

REVUE DE PRESSE Tandis que des éditorialistes saluent l'«habileté» du candidat, d'autres jugent «flou» son programme économique...

© 2012 AFP

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Les orientations clairement sociales-démocrates et rassembleuses du programme de François Hollande sont saluées vendredi par un grand nombre d'éditorialistes, mais certains critiquent le "flou" des mesures annoncées et le "matraquage fiscal" des classes moyennes.
Les orientations clairement sociales-démocrates et rassembleuses du programme de François Hollande sont saluées vendredi par un grand nombre d'éditorialistes, mais certains critiquent le "flou" des mesures annoncées et le "matraquage fiscal" des classes moyennes. — Patrick Kovarik afp.com

Les orientations clairement sociales-démocrates et rassembleuses du programme de François Hollande sont saluées ce vendredi par un grand nombre d'éditorialistes, mais certains critiquent le «flou» des mesures annoncées et le «matraquage fiscal" des classes moyennes.

Sous le titre «Merci les riches et la croissance», Michel Urvoy (Ouest-France), observe que la suppression du déficit dans le projet du candidat socialiste repose entièrement sur la croissance: «Soit elle est au rendez-vous, et le projet tient la route, mais la dette reste tout de même entière. Soit elle flanche, les promesses sont intenables et la dette explose».

L'esprit de Pierre Mendès-France

L'éditorialiste du Monde salue l'habileté, la détermination et la pugnacité du candidat Hollande qui a «réglé d'un coup la question du candidat et celle de la dynamique du rassemblement derrière lui». «Reste, pour le candidat socialiste, à espérer que les perspectives de croissance sur lesquelles il fonde son projet seront au rendez-vous. Dès 2012, rien n'est moins sûr», ajoute Le Monde.

Didier Louis (Le Courrier Picard) et Sylvain Bourmeau (Libération) identifient les idées sociale-démocrates et l'esprit de Pierre Mendès-France comme source d’inspiration hollandaise. Dominique Quinio dans La Croix, juge que «le débat portera sur l'impact de ces mesures sur les classes moyennes - si difficiles à définir - que se disputent tous les candidats».

Elle est rejointe sur ce point par Hervé Favre (La Voix du Nord) qui rappelle que le ministre Laurent Wauquiez «voit François Hollande comme l'oncle Picsou des ménages à revenus moyens, lorgnant sur leurs maigres acquis fiscaux». «François Hollande a senti le danger», poursuit l'éditorialiste. «Hier, il s'est donc affiché en grand défenseur de ces chères classes moyennes qu'on s'arrache».

Le réveil  de «la peur du rouge chez les bêtes à cornes»

Tout au contraire, Etienne Mougeotte (Le Figaro) crie au danger et avertit: «le détail de ce matraquage fiscal permet de saisir que, parmi les riches, figurent aux premières loges les cadres supérieurs, les professions libérales, les commerçants et artisans prospères et même une partie importante des classes moyennes.»

Plusieurs éditorialistes, comme Yann Marec (Midi libre) estiment que le programme est «flou sur les économies, abscons sur les réformes et absent sur le marqueur des salaires en France, le Smic».

Selon Patrick Apel-Muller (L'Humanité), «il aura suffi d'un léger infléchissement à gauche du discours de François Hollande pour réveiller la peur du rouge chez les bêtes à cornes. Voilà Valérie Pécresse qui prophétise un "modèle social en péril" et voit des Français "menacés"».