Sarkozy veut remonter la pente dans les sondages

PRESIDENTIELLE Malgré les dénégations, son intervention télé dimanche paraît cruciale...

Alexandre Sulzer

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Nicolas Sarkozy à Marseille, au Mucem, le 24 janvier 2012, lors de ses voeux à la Culture.
Nicolas Sarkozy à Marseille, au Mucem, le 24 janvier 2012, lors de ses voeux à la Culture. — ERIC FEFERBERG

«La campagne ressemble de plus en plus au tour de France. Les commentateurs choisissent des maillots jaunes éphémères - Le Pen, Bayrou et maintenant Hollande - mais ce qui compte, c’est la dernière ligne droite.» Pour Guillaume Peltier, «monsieur opinions» de l’UMP, l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy dimanche soir n’est pas celle de la dernière chance. Sur TF1, France 2, BFM TV et I-Télé, un dispositif médias inédit, le Président fera des annonces sur le modèle social, et notamment la TVA sociale, ainsi que le logement. Un thème central dans le programme de François Hollande. Mais il ne faut pas y voir une riposte au PS, simplement un Président «dans l’action» jusqu’au bout, insiste-t-on dans les cercles dirigeants de la droite. «C’est vrai que nous sommes dans une "séquence Hollande", cela force simplement à du sérieux et du sang-froid», assure Bruno Beschizza, secrétaire national de l’UMP. Une rigueur de forme qui s’incarnera dimanche dans «la gravité, l’humilité» qu’affichera Nicolas Sarkozy. Et qui n’est pas sans rappeler son «off» au Monde sur l’éventualité d’un retrait de la vie politique en cas de défaite. «Une stratégie pour souder les troupes et dérouter l’adversaire», glisse un ténor de l’UMP.

Candidat hors-système?

«De toute façon, tout se jouera dans le sprint des dernières semaines, c’est la première fois que les Français sont aussi peu sûrs de leurs choix», assure Guillaume Peltier qui va jusqu’à se réjouir des mauvais sondages: «le système a choisi François Hollande mais le favori n’a jamais gagné une présidentielle.» Nicolas Sarkozy serait-il à la fois candidat anti-système et Président protecteur? «C’est le paradoxe de la victoire», assure Guillaume Peltier. «C’est osé, réagit le député (UMP) François Goulard qui n’hésite pas, lui, à dire que «si Nicolas Sarkozy ne redresse pas la situation dans les trois semaines, c’est compromis car l’opinion se cristallisera en février». «Il est obligé d’esquisser dimanche son programme économique et social. L’émission peut être un tournant dans la campagne.» Attention à la sortie de piste.