Après le «rêve français», Hollande vend sa rigueur

PRÉSIDENTIELLE e candidat socialiste a présenté son projet mercredi...

Maud Pierron avec (M.Go)

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François Hollande a présenté son programme pour la présidentielle le 26 janvier 2012.
François Hollande a présenté son programme pour la présidentielle le 26 janvier 2012. — ALEXANDRE GELEBART / 20 MINUTES

Du «rêve français» à la réalité. Après s’être envolé dimanche au Bourget, en attaquant «le monde de la finance», François Hollande a atterri mercredi à la maison des Métallos sur un terrain plus réaliste en présentant son projet. «60 engagements pour la France» marqués par le sceau d’une rigueur indispensable pour revenir à l’équilibre budgétaire en 2017, objectif que le socialiste s’est fixé.

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Devant tout le gratin socialiste, Hollande, avec un effort visible de pédagogie, à la manière du prof d’économie qu’il a été, a martelé: il y aura 29 milliards d’euros d’économie par an consacrés au rééquilibrage des comptes publics et 20 milliards de dépenses nouvelles pour le financement de son projet.

Soigner sa gauche et être crédible

«Toutes les mesures présentées sont intégralement financées», détaille le promoteur de «l’espérance lucide». «Tout ce qui est dit sera fait», insiste-t-il encore pour tempérer dans le même élan: «Je ne promets que ce que je suis capable de tenir. Pas moins, pas plus.» Exit donc, la hausse du Smic ou les 500.000 places de crèches prévues par le programme du PS. L’allocation d’autonomie pour les jeunes? «Lorsque nous aurons les ressources financières qui nous le permettront», explique-t-il doctement.

Pour construire son projet, le socialiste s’est basé sur des hypothèses de croissances très basses, plus que celles du gouvernement, qu’il juge «irréalisables». Après avoir soigné sa gauche dimanche au Bourget, c’est bien sûr le terrain de la crédibilité - sur laquelle repose «la confiance» dit-il - qu’il ne voulait pas être pris en défaut mercredi. Son quinquennat, a-t-il expliqué, sera «organisé en deux temps»: d’abord les «réformes structurelles», notamment fiscales, qui permettront de dégager des marges de manœuvres, et «dans un deuxième temps», celui de la «redistribution», promet-il vaguement, laissant entendre que le Smic pourrait être revu à la hausse.

Appel au «civisme» des plus fortunés

Un programme de rigueur? «Ces 29 milliards d’euros devront de toute façon être trouvés par le prochain président. Le grand débat, c’est qui va les payer. Le gouvernement dit, ‘ce sont les Français’, moi je dis: les plus grandes entreprises et les plus grandes fortunes», se défend Hollande. Il leur réclame un «effort de solidarité» et fait appel à leur «civisme». Pour mieux rassurer les classes moyennes qui avec lui «seront protégées».

Un exposé un peu aride pour «réenchanter le rêve français». «L’idée de progrès, c’est ça le rêve, Ce n’est pas l’idée de faire rêver les Français», corrige subtilement Manuel Valls, le dircom de Hollande. «Maintenant le programme est sur la table. Nous allons pouvoir débattre et mettre Hollande face à la réalité», se réjouit le député UMP Bernard Debré.