Intervention de Nicolas Sarkozy: Vers une augmentation de la TVA à 21,6%

ECONOMIE Le président de la République devrait annoncer ce dimanche les détails de la TVA sociale...

M.B.

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Nicolas Sarkozy à Marseille, au Mucem, le 24 janvier 2012, lors de ses voeux à la Culture.
Nicolas Sarkozy à Marseille, au Mucem, le 24 janvier 2012, lors de ses voeux à la Culture. — ERIC FEFERBERG

La messe est dite. Nicolas Sarkozy devrait annoncer ce dimanche lors d’une émission d’une heure diffusée sur TF1, France 2, BFM TV et i-Télé les détails de la très controversée TVA sociale qu’il souhaite faire voter avant l’élection présidentielle.

Elle vise à réduire le coût du travail en faisant financer une partie de la protection sociale, actuellement à la charge des employeurs et des salariés, directement par les consommateurs.

Des baisses de charges patronales ciblées

Selon Le Figaro, le président de la République tient ce mercredi une nouvelle réunion d’arbitrage. «La baisse des charges patronales envisagée devrait être ciblée sur les salaires au-delà de 1,6 Smic (avec un plafond non arrêté) afin de concerner la grande majorité des emplois industriels aujourd'hui exposés à la concurrence internationale», dixit le quotidien. Les artisans et les indépendants, notamment, pourraient également en profiter.

En contrepartie, selon Le Figaro, le «gouvernement envisagerait d’augmenter la TVA de l’ordre de deux points, mais aussi probablement d’augmenter la CSG de quelques dixièmes de points». Le taux principal de TVA passerait donc à 21,6%, contre 19,6% aujourd’hui. Selon l’économiste Henri Sterdyniak, directeur du département économie de la mondialisation de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), interrogé par 20 Minutes, il est très peu probable que l’exécutif se risque à toucher la TVA sur les produits de premières nécessité et les cantines scolaires, toujours à 5,5%. «C’est le plus sensible car il touche directement la ménagère», souligne-t-il. Idem pour le taux réduit de 7%, qui a déjà augmenté de 1,5 point depuis ce mois de janvier, et qui touche par exemple la restauration ou encore les transports.

Un risque pour la consommation

N’empêche, un relèvement du seul taux principal est un pari risqué. Mardi, lors de la présentation des résultats annuels du distributeur Système U, son président, Serge Papin, s’est inquiété du risque que cette TVA sociale ne vienne casser la consommation, principal moteur de l’économie française.

Une remarque qui n’a pas échappé à Bercy. Le ministère des Finances pencherait pour un redéploiement des 2,5 milliards d’euros de la prime pour l’emploi (PPE) vers les bas salaires. Concrètement, il s’agirait de diminuer les charges salariales pour les personnes gagnant entre 1 et 1,3 Smic. Résultat de ce tour de passe-passe: 50 euros par mois en moyenne de plus sur la fiche d’un smicard, selon Le Figaro.