Francis Lalanne: «Que l'on vote Bayrou, Le Pen ou Hollande, on aura le même Président»

POLITIQUE Ancien candidat de l'Alliance écologiste indépendante, Francis Lalanne assure avoir débranché «les fils qui le reliaient à la Matrice». Aujourd'hui, il soutient le parti du vote blanc...

Propos recueillis par Vincent Vantighem

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Francis Lalanne avait sorti sa guitare pour faire campagne à Strasbourg en 2007
Francis Lalanne avait sorti sa guitare pour faire campagne à Strasbourg en 2007 — Frédérick Florin AFP

Ce jeudi soir, vous serez au café du Croissant, à Paris, pour soutenir le parti du vote blanc. Pourquoi?

Parce que Stéphane Guyot [le président du parti du vote blanc et candidat à l’élection présidentielle] propose quelque chose. Il propose d’invalider le système actuel par le vote blanc. Et justement, le système actuel est à l’origine de tous nos maux. On est dans un asile de fous.

En quoi le système actuel pose-t-il problème?

Aujourd’hui, il y a un culte du mythe de l’homme providentiel. C’est Matrix! On est enfermés dans la boîte. On a des fils dans le cortex qui nous laissent penser qu’un homme issu du système actuel peut sauver les choses. Ce n’est pas le cas.

Pourquoi?

Mais que l’on vote Bayrou, Le Pen ou Hollande, on va se retrouver avec le même Président. Il sera l’instrument du système dominé par l’argent. Il faut changer les choses. Les gens sont de bonne foi. Il y a cinq ans, ils pensaient que Sarkozy pouvait corriger les choses. Aujourd’hui, ils sont déçus. Alors, ils vont voter Hollande. Dans cinq ans, ils feront le même constat… Il faut voir la réalité des choses. Arrêtons l’alternance. Quand je dis ça, les gens me regardent avec de grands yeux. Mais c’est vrai. Moi, je suis un des rares à avoir débranché les fils qui me reliaient à la Matrice.

Le vote blanc est donc la solution?

C’est une solution. Si Stéphane Guyot remporte l’élection et invalide le système, il faudra bien en créer un nouveau.

Quel sera-t-il?

C’est ce que je veux proposer à Stéphane Guyot. Je veux qu’il aille encore plus loin. Il faudrait commencer par remplacer les législatives par un référendum. Réorganiser les choses pour que tous les Français participent à une grande Assemblée nationale extraordinaire. La transition du vote blanc sera la VIè République. Ensuite, nous créerons la VIIè.

En 2009, vous étiez le candidat de l’Alliance écologiste indépendante aux élections européennes. Pourquoi ne pas vous présenter vous-même?

J’exprime ma sympathie au mouvement. Cela aura plus de force que si j’étais candidat. Je pense que c’est la place d’un intellectuel, d’un poète que de soutenir et de faire campagne.