Présidentielle: La stratégie de Sarkozy divise les élus UMP

POLITIQUE Les parlementaires comprennent la stratégie de Nicolas Sarkozy de ne pas entrer en campagne tout de suite mais évoquent la possibilité d’une défaite…

Alexandre Sulzer

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Nicolas Sarkozy a regretté les délocalisations et a insisté sur l'allégement du coût du travail.
Nicolas Sarkozy a regretté les délocalisations et a insisté sur l'allégement du coût du travail. — C. VILLEMAIN / 20 minutes

Sondages en berne, meeting de Hollande au Bourget salué par la presse et un président de la République qui se laisse aller à évoquer un possible retrait de la politique en cas de défaite. C’est dans un contexte morose que plus de 200 parlementaires UMP et une quinzaine de ministres se sont retrouvés mardi à déjeuner dans les locaux flambant neufs de l’UMP. Jean-François Copé, le secrétaire général du parti, les a invités à une «forte mobilisation à la riposte», tandis que Nicolas Sarkozy continue à présider jusqu’en mars. Une stratégie perçue comme gagnante?

«S’il part trop tôt, il s’essoufflera comme dans les courses de chevaux»

«C’est pas le premier parti qui sera le premier arrivé», répond, confiant, à l’instar de la plupart de ses collègues, Jean-Jacques Gaultier, député des Vosges. «Dans le contexte actuel, il y a des priorités pour le président de la République, aux ministres de s’exprimer sur le bilan et les perspectives.» «Il n’y a pas de problèmes, on serre les rangs, surenchérit Jacques Myard, député des Yvelines. Nicolas Sarkozy ne va pas caler sa stratégie sur celle de l’adversaire.» «S’il part trop tôt, il s’essoufflera comme dans les courses de chevaux», complète le député Serge Dassault qui, lui, compte s’investir dans la campagne via «des articles dans Le Figaro». «C’est vrai qu’on est impatients qu’il entre dans la campagne, on attend cette ambiance particulière, lâche le député de Paris Jean-François Lamour. Mais je le comprends: il y a encore un mois et demi de travail parlementaire et il est aux affaires.»

L’élection, un moment de vérité

«Les députés UMP sont modérément optimistes, c’est une réalité», vient contredire devant les caméras le député François Goulard, ancien villepiniste. «C’est normal d’envisager une défaite» au vu des sondages, taille-t-il dans le vif. «François Hollande a prouvé qu’il savait galvaniser les troupes, cela montre qu’il ne faut plus l’attaquer sur sa personnalité.» Un argument repris par son collège de la Drôme Hervé Mariton: «Il faut passer d’une phase de critiques contre Hollande à celle de critiques contre son projet.» «La crainte est salutaire», tente de positiver le député du Nord Christian Vanneste, en référence au risque d’un 21 avril à l’envers. C’est que la possibilité de perdre, encore tabou il y a quelques semaines, devient palpable. «Le président de la République en est conscient, glisse la députée européenne Constance Le Grip. Il sait que ce sera un moment de vérité.»