François Hollande «un candidat attrape-tout»?

Maud Pierron

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François Hollande au Bourget, pour son premier grand meeting de campagne, le 22 janvier 2012.
François Hollande au Bourget, pour son premier grand meeting de campagne, le 22 janvier 2012. — AP Photo / Fred Dufour, Pool

Dimanche au Bourget, François Hollande a surpris jusqu’à ses proches avec un discours clairement ancré à gauche, désignant, comme Mitterrand à l’époque du congrès d’Epinay, «la finance» comme «véritable adversaire». «Il n’y a pas de virage à gauche de François Hollande, il y a un projet qui est un projet de gauche, porté par un candidat de gauche», a défendu lundi matin Benoît Hamon, soucieux de ne pas donner prise à ce qui pourrait être perçu comme une volte-face dans une stratégie jusque-là marquée par le sceau du réalisme.

«Il a surpris? C’est bon signe, ça me rappelle Mitterrand, s’exclame la députée PS Marie-Noëlle Lienemann. Tout le monde lisait dans le marc de café pour dire ce qu’il pensait mais il faisait ses choix librement», rappelle-t-elle. Pour celle qui a défendu Martine Aubry lors des primaires, «il n’y a pas de changement de cap de Hollande». Il a simplement fait «un discours résolument républicain» or «la conquête républicaine passe aujourd’hui par la gauche».

Pourtant, entre la réquisition des terrains de l’Etat pour construire des logements sociaux, l’encadrement des loyers ou des dépassements d’honoraires des médecins et la suppression des stock-options… la gauche du PS a ses gages. «Rituel incontournable pour le premier gros meeting», commente Rémi Lefebvre, politologue à Lille II. Et l’aile réaliste du parti n’est pas en reste puisque Hollande a revu à la baisse le nombre d’emplois d’avenir (150.000 plutôt que 300.000) et confirmé qu’il y aurait 60.000 créations de postes dans l’Education nationale… à périmètre constant.

«Un discours au subtil dosage»

«C’était un discours au subtil dosage, analyse Rémi Lefebvre. Avec des marqueurs à gauche qui retirent du grain à moudre à Mélenchon, mâtinés d’éléments parlant à la droite, avec le thème de la sécurité, les drapeaux français et la Marseillaise, tout en conservant son discours sur la responsabilité» qui plaît aux centristes.

Un Hollande finalement aux multiples facettes, «un candidat attrape-tout», qui «conserve sa stratégie de l’ambiguïté», assure le politologue. «Son projet n'est pas pensé pour des "clientèles", que ce soient les jeunes, les retraités, les fonctionnaires, la salariés du privé, les chefs d'entreprise, les sportifs ou les acteurs culturels: c'est un projet pour la France, pour l'intérêt général», défend Najat Valaud-Belkacem.