Au Bourget, Hollande a montré «des tripes»

REPORTAGE Des sympathisants et des militants jugent la prestation de François Hollande dimanche au Bourget...

Maud Pierron

— 

Les militants pro-Hollande lors du meeting du candidat socialiste à la présidentielle au Bourget, le 22 janvier 2012.
Les militants pro-Hollande lors du meeting du candidat socialiste à la présidentielle au Bourget, le 22 janvier 2012. — Christophe Ena/AP/SIPA

Ils étaient 25.000 environ à avoir fait le déplacement de toute la France pour écouter François Hollande dimanche au Bourget. Des militants, mais aussi de simples sympathisants, des électeurs aux primaires socialistes. Comme Nicole, fonctionnaire à La Poste, qui est venue par «curiosité», puisqu’elle habite à côté. Elle avait voté Martine Aubry lors du scrutin interne mais «Hollande a démontré cet après-midi qu’il était celui qu’il nous faut pour donner congé à Sarkozy», explique-t-elle.

>> Revivez le discours de François Hollande dans son intégralité par ici

«Des tripes», voilà ce qu’il «n’avait pas encore montré» dans sa campagne et qu’il a sorti. Elle retient notamment le passage sur les parents de François Hollande et sur Tulle. Et juge que les mesures annoncées, notamment l’encadrement des loyers et des dépassements d’honoraires des médecins, sont de nature à «mobiliser la gauche».

«On est des militants armés»

Emmanuel, sympathisant socialiste, a surtout retenu le côté solennel et tout le discours sur les valeurs de la République. «Il s’est érigé en vrai futur président, il a démontré qu’il était capable d’incarner la fonction», explique-t-il dans la grisaille du Bourget, devant le hall où Hollande a conclut son discours. Et si le candidat a parlé de lui, s’est dévoilé, c’est pour «prouver qu’il pouvait mettre en œuvre ses idées, notamment la justice», glisse-t-il. Sébastien, un de ses amis du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), juge qu’avec ce discours, les propositions égrenées, «on est, en tant que militants, armés pour aller convaincre encore plus fortement les Français».

«Ce n’était pas un catalogue. Toutes les mesures concrètes annoncées sont fondées sur le principe même de la République, de l’égalité, de la justice, de la solidarité», apprécie Jeanne, qui attend sur le parvis du Bourget qu’une navette veuille bien la ramener à la gare RER. Le plus important du discours, pour elle qui a voté Ségolène Royal aux primaires, ça a été «le mot confiance», et sa définition «de ce qu’est être un président, tout le contraire de ce qu’a fait Nicolas Sarkozy». «Ça a été le discours d’un homme capable de faire président», résume-t-elle, emballée.

Réconcilier la gauche et la Nation

Sa fille, Amel, a pris sa carte au PS en novembre. Pour faire campagne. Elle ne voulait pas «être touchée» par le discours mais «convaincue». Mission accomplie. «Il a restitué à la gauche la France républicaine, la Nation», alors que la gauche est parfois mal à l’aise avec ce thème, retient-elle. «Il a fait un discours patriote mais pas nationaliste, c’est très fort.» Sa mère reprend: «Nicolas Sarkozy va désormais avoir du mal à reprendre les grands thèmes de la République, de l’histoire française.»