Meeting du Bourget: «La marque de fabrique de Hollande, c'est la relation de confiance avec les Français»

INTERVIEW Bernard Cazeneuve, l'un des porte-parole de François Hollande, revient pour «20 Minutes» sur le grand discours du socialiste au Bourget...

Recueilli par Maud Pierron, au Bourget

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Facelly/Sipa

De l'une de nos envoyés spéciaux au Bourget

Qu’aimeriez-vous que les Français retiennent de ce discours?

Aujourd’hui, nous sommes face à un homme qui se projette dans la suite et qui a endossé déjà les habits du président, d’un président différent des autres car il arrive en pleine crise. Et qui veut, après cinq ans d’aggravation des inégalités, être le président de la fin des privilèges. Aujourd’hui, le candidat a révélé le président de la justice.

Dans la mobilisation, l’enthousiasme, vous espérez que ce sera un tournant? 

L’enthousiasme, la foule, la ferveur étaient là, au Bourget. Il y a eu 25.000 personnes alors que nous en attendions 10.000. Nous sommes dans une période de crise, les Français sentent la gravité de la situation, que le pays est affaibli par la politique menée par Sarkozy, que le pays est divisé. Ils souhaitent à la fois la crédibilité et l’espérance. Il y a de la gravité, mais la gravité n’empêche pas la ferveur. Les militants ont manifesté aujourd’hui un enthousiasme que je n’avais pas vu depuis très longtemps. Depuis mes 18 ans et les meetings de Mitterrand.

Son seul ennemi, a-t-il dit, c’est la finance. N’est-ce pas dangereux d’oublier Nicolas Sarkozy?

Quand on dénonce la finance, on dénonce aussi le système dans lequel Nicolas Sarkozy est engagé, où les cadeaux fiscaux se sont multipliés à l’égard de ceux qui, précisément, sont riches parce qu’ils spéculent. La financiarisation de l’économie est en grande partie à l’origine de la crise que nous vivons, de la souffrance des peuples. Dire qu’il faut combattre la finance, qu’il faut créer un autre ordre plus juste, c’est très fort et très rassembleur.

François Hollande a annoncé l’inscription de la loi de 1905 dans la Constitution. C’est une urgence?

Il est bon de constitutionnaliser la laïcité après un quinquennat où le président de la République l’a abaissée. Il l’a abaissée quand il s'est rendu à Saint-Jean-de-Latran pour conceptualiser la «laïcité positive» en affirmant que le prêtre sera toujours plus légitime que l’instituteur. La laïcité, une valeur qui doit rassembler, a été constamment utilisée pour diviser. L e président en a fait une utilisation malsaine lors du débat sur l’Identité nationale. Cela légitime cette inscription dans la Constitution.

Il a annoncé la création de 150.000 emplois d’avenir alors que le projet du PS en évoquait 300.000…

Nous serrons dans un contexte budgétaire serré. Nous voulons restaurer les comptes publics et redresser le pays. Il est important que le candidat dise précisément ce qu’il doit faire, et que ce qu’il présente soit financée. Sa démarche, c’est un gage de crédibilité. On ne pourra pas redresser le pays sans la confiance et la confiance, ça passe par ne pas faire des promesses qui ne seront pas tenues. La relation de confiance avec les Français, c’est la marque de fabrique de François Hollande.