François Hollande à son QG de campagne, le 20 janvier 2011.
François Hollande à son QG de campagne, le 20 janvier 2011. — FRED DUFOUR / AFP

PRÉSIDENTIELLE

Au Bourget, Hollande veut s'envoler

oment de vérité dimanche au Bourget pour le candidat socialiste…

Face à lui-même et face aux Français. Dimanche après-midi au Bourget, François Hollande sera seul sur scène pour son premier grand meeting de campagne devant 10.000 militants. Un meeting présenté en novembre dernier comme celui de l’investiture, censé lancer une campagne qui semble aujourd’hui avoir du retard à l’allumage.

Une occasion que le candidat socialiste veut saisir pour se dévoiler, enfin. Dire aux Français qui il est, qu’elle est «sa vision de la France», «son rapport à l’histoire de la gauche» et à celle de la France tout court, annonce Manuel Valls, son directeur de la communication.

Son discours, il y travaille seul, nourri des notes de ses proches. «Il écrit tout. Il n’est pas comme ceux qui nous ont habitués à des discours 'écrits par' et 'prononcés par', 'écrits par Guaino et prononcés par Sarkozy'», résume Bruno Le Roux, l’un de ses porte-parole. Des mots qui doivent accrocher les Français, pour nouer cette relation entre le socialiste et le peuple, sans laquelle aucun candidat ne peut réellement prétendre à l’Elysée.
 

Le ban et l’arrière-ban socialiste

Ce sera donc «un moment solennel». Pas de discours programmatique à attendre donc, même si François Hollande devrait revenir sur les thèmes clés de sa campagne: justice fiscale, pacte générationnel, pacte productif. «Redressement» de la France mais aussi «espérance».
 
Dévoilement de soi et de son projet, tout s’entrelace. «Il expliquera le sens de sa démarche, de sa candidature. Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, il pense qu’il est celui qui peut remettre en marche le modèle républicain, il est temps de l’expliquer aux Français», assure Manuel Valls.
 
Tout  le ban et l’arrière-ban socialiste sera là. De Martine Aubry à Laurent Fabius, en passant par Ségolène Royal jusqu’à Lionel Jospin. Et même quelques people. On annonce la venue de Yannick Noah et Benjamin Biolay, notamment. L’équipe de campagne promet «une surprise». Il y aura en tout cas une «animation musicale», ainsi qu’un film retraçant l’histoire de la gauche.
 

Candidat «normal» cherche ferveur

«Il y aura de la ferveur et de l’engagement», promet Manuel Valls alors que sur le terrain, cette fameuse «ferveur» peine à émerger. La faute à l’époque morose, rétorque l’équipe de campagne de Hollande. Et le candidat socialiste, reconnaissait Harlem Désir en Guadeloupe, a une «relation rationnelle» avec les Français, à la différence de Ségolène Royal en 2007. Logique pour un candidat qui se revendique «normal».
 
«On est dans un moment de gravité, un moment de désespérance, avec un doute sur la parole publique. François Hollande veut donner une espérance, rassembler les Français dans un destin collectif. Il ne s’agit pas de faire rêver les Français pour les mener dans le mensonge, à un rejet de la politique. Ça, c’est la marque de Nicolas Sarkozy», défend Manuel Valls.
 
Moment de vérité à coup sûr puisque Hollande entame une semaine décisive: après son adresse aux Français, il présentera sa «plateforme présidentielle jeudi».