Présidentielle: Les avocats envoient un message aux candidats

VOEUX Le président du Conseil national des barreaux (CNB), l'institut national qui représente les avocats exerçant en France, a présenté ce vendredi ses voeux à la presse. Et dévoilé les grands enjeux des prochains mois...

Lucie Romano

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Christian Charrière-Bournazel, président du Conseil national des barreaux (CNB), le 25 septembre 2010, à Paris.
Christian Charrière-Bournazel, président du Conseil national des barreaux (CNB), le 25 septembre 2010, à Paris. — MIGUEL MEDINA / AFP

L’occasion était trop belle pour Christian Charrière-Bournazel, fraîchement élu (le 14 janvier) à la tête du Conseil national des barreaux (CNB) pour la mandature 2012-2014, de faire entendre la voix des avocats dans la campagne présidentielle. A moins de trois mois de l’échéance électorale, l’ancien bâtonnier de Paris s’est dit prêt à «accueillir volontiers tous les candidats pour débattre».

«J’en appellerai à la désobéissance civile»

Il n’a pas constitué de liste de doléances précises pour le prochain quinquennat, mais a rappelé le besoin de «renforcer les moyens de la justice», l’obligation pour l’Etat de «respecter l’autorité judiciaire sans interférence politique» et de «rompre avec la honte française du traitement pénitentiaire». Fidèle à sa réputation d’homme engagé dans la défense des droits de l’homme, Christian Charrière-Bournazel a souligné l’importance pour le CNB de poursuivre son rôle de «sentinelle des libertés». Sur la réforme de la garde à vue, «pas encore achevée», il faut selon lui aller plus loin: «Il est inadmissible qu’une personne convoquée par la police ne sache pas de quoi on l’accuse et ne soit pas accompagnée d’un avocat.»

Pas question non plus d’accepter qu’un avocat soit obligé de dénoncer un client à propos duquel il aurait un soupçon de «blanchiment d’argent». Le président du CNB en appelle, si la directive européenne qui le réclame venait à être transposée dans le droit français, «à la désobéissance civile car l’avocat n’est pas un délateur». D’autres chantiers plus techniques attendent les avocats dans les prochains mois: la formation, l’aide juridictionnelle pour les usagers les moins fortunés, la possibilité d’exercer comme «avocat en entreprise» ou encore la mutualisation des moyens avec des experts-comptables.