A Dunkerque, François Bayrou s'adresse aux «petits», aux «sans-grade»

PRESIDENTIELLE Le président et candidat du MoDem a tenu son premier meeting de campagne dans le Nord jeudi soir...

Anne-Laëtitia Béraud, à Dunkerque

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François Bayrou, candidat du MoDem à la présidentielle, lors de son premier meeting de campagne, à Dunkerque, mercredi 19 janvier 2012.
François Bayrou, candidat du MoDem à la présidentielle, lors de son premier meeting de campagne, à Dunkerque, mercredi 19 janvier 2012. — M. LIBERT / 20 MINUTES

De notre envoyée spéciale,

Le «peuple», le centre voire l’obsession du premier meeting de campagne du centriste François Bayrou, ce jeudi soir à Dunkerque.

Le candidat du MoDem à la présidentielle, qui effectue une poussée actuellement dans les sondages, avait choisi cette ville du nord industrieux pour, là où «les difficultés sociales sont les plus importantes», avait-il déclaré à La Voix du Nord.

L’industrie nationale qui représente en outre, un axe fort de la campagne du Béarnais, promoteur du «produit en France», et dont les t-shirts de campagne dévoilés ce jeudi soir sont siglés Armor Lux, une entreprise bretonne.

«Ils n’entendent rien»

Le discours de François Bayrou est grave. «Depuis des années, les choses ne cessent de suivre en France la pente du déclin, la pente de l’affaissement, la pente de l’abaissement.» Il s’engage même dans les comparaisons bibliques, comparant le «chômage, la chute du pouvoir d’achat, les déficits et la dette» aux «quatre cavaliers de l’Apocalypse de la Bible».

Le tribun fustige les «élites». Les «responsables du pays de quelque bord qu'ils soient, sont devenus entre guillemets «ils» qui «n'entendent rien (…) ne comprennent rien. On ne comprend pas ce  ‘qu'ils’ disent, ce qu'ils font on n’a plus aucune confiance».

«Pas de populisme»

S’érigeant en candidat antisystème, comme lors de la campagne présidentielle de 2007, François Bayrou a dénoncé «ce gouffre entre le peuple et ceux qui sont censés le représenter, le diriger, ce gouffre, c'est sous les pieds de la France qu'il est ouvert.»

S’adressant aux «petits, les obscurs, les sans-grade», le centriste en a appelé au «peuple», qui «exige qu’on lui parle en grand, qu’on lui parle avec le même respect, la même grandeur, plus encore de respect et de grandeur qu’on en met à parler aux puissants».

En coulisses, François Bayrou s’est dit confiant et rassuré par ce premier meeting, heureux de placer «le peuple» au centre de son discours, assurant qu’il «ne pratique pas le populisme».