Présidentielle 2012: Les militants UMP votent pour le projet sans enthousiasme

REPORTAGE «20 Minutes» vous emmène faire un tour dans une permanence en banlieue parisienne...

Alexandre Sulzer

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Daniel Barois, adjoint au maire de Vanves, dans la permanence UMP de sa ville, le 19 janvier 2012.
Daniel Barois, adjoint au maire de Vanves, dans la permanence UMP de sa ville, le 19 janvier 2012. — Vincent Wartner

La permanence devait ouvrir à 10h, comme tous les matins entre le 14 janvier et le 26 janvier, pour recevoir les adhérents appelés à se prononcer sur le projet présidentiel. Mais le local UMP de Vanves (Hauts-de-Seine) n’ouvrira qu’avec un bon quart d’heure de retard. C’est Daniel Barois, un adjoint au maire, qui s’y colle pour l’accueil.

En cinq jours, seule une vingtaine de personnes se sont déplacées. Les autres militants votent par Internet, explique Daniel. Lui-même s’est prononcé en faveur de la plupart des propositions. Laquelle le séduit le plus? «La fermeté», répond celui qui n’est pas en mesure d’en citer une précisément. Et pas moyen de mettre la main sur le projet. «Je ne l’ai plus, on a dû tous les donner…»

«On n’est pas allé assez loin»

«Le projet, oui, mais l’application, c’est autre chose…», met-il en garde. Il suffit de regarder le bilan de Nicolas Sarkozy. «On n’est pas allé assez loin, il y a eu des réformes tous azimuts mais il s’agit plutôt de demi-mesures dans la santé, l’armée, la justice…» Laurent Lacomère, un autre adjoint au maire, le rejoint. Lui non plus ne peut citer une seule mesure du projet qui l’enthousiasme.

«C’est un ensemble cohérent, où tout s’emboîte…» Juge-t-il, comme Daniel, que Nicolas Sarkozy aurait pu aller plus loin dans ses réformes? «Si la crise n’était pas passée par là, on serait en droit de lui dire: “tu n’as pas été à la hauteur”. Mais en réalité, il a limité la casse…»

Des déçus tentés par le vote FN ?

Laurent reconnaît une «petite déception» des militants sur les questions de sécurité. «Ils trouvent qu’il n’a pas été assez pointu sur la délinquance. Pour une part, je partage ce constat. La police n’a pas les mains libres pour faire ce qu’elle a à faire. C’est lié notamment aux problèmes d’effectifs…» Ces déçus pourraient-ils être tentés par le vote FN? «Je pense que oui, répond Daniel. Mais dans quelles proportions, je ne peux pas vous dire…»

Entre dans le local Patrice, retraité du bâtiment, qui a déjà voté en ligne. «Je regrette que ça vienne si tard, pourquoi avoir attendu le projet et ne pas l’avoir mis en place avant?», interroge-t-il. Lui se dit sensible à «la formation des jeunes» mais ne cite pas non plus une proposition en particulier qui l’aurait interpellé.

«Des fois, faut reconnaître que c’est dur de défendre Sarkozy...»

«Il n’y a pas un mot dans le projet sur les retraites, regrette Patrice. J’ai 173 points et ma base est établie sur 165. Le reste part où? Aux chômeurs, aux fainéants?»«Il y a beaucoup de déçus qui risquent de partir au FN», poursuit-il.  Mais il n’en connaît pas personnellement.

«L’argent, faut savoir où aller le chercher. Et quand on voit Bettencourt, on sait où. Quand on dit que Sarko est le président des riches, des fois, faut reconnaître que c’est dur de le défendre…» Mais il va bien falloir. L’UMP de Vanves est en ordre de marche pour coller les affiches, distribuer les tracts. «On va s’investir, assure Patrice. Mais bon, ça sera moins réjouissant qu’avant…» Il est 12h, il quitte le local de Vanves. Personne n’est venu voter.