Hollande rappelle à l'ordre l'aile gauche du PS, qui continue de faire pression

POLITIQUE La polémique sur les 60.000 postes promis dans l'Education nationale continue de faire du bruit au sein du PS...

M.P.

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François Hollande et Jean-Marc Ayrault, à Nantes, le 19 janvier 2011.
François Hollande et Jean-Marc Ayrault, à Nantes, le 19 janvier 2011. — PATRICK KOVARIK / AFP

Henri Emmanuelli n’a que faire des mises en garde de François Hollande. Malgré le rappel à l’ordre sévère adressé mercredi par François Hollande à tous les socialistes, le député des Landes en a remis une couche, dans une interview publiée jeudi par Le Monde. «Si nous gagnons, ce ne sera pas facile», convient-il. «Mais la campagne ne peut se réduire à une course à l'austérité entre droite et gauche. Même si on ne peut pas tout faire, on doit dire qu'on va essayer», enjoint-il. «Pour gagner, il faut susciter un minimum d'espérance», estime-t-il encore, taclant, en creux, les propositions trop austères à son goût de François Hollande. 

La veille, Henri Emmanuelli avait signé, avec Benoît Hamon et Marie-Noëlle Lienneman, un communiqué s’insurgeant contre «l’interprétation» d’une mesure de François Hollande, sur les 60.000 postes promis dans l’Education nationale. Les représentants du courant Un monde d’avance critiquaient le fait que Jérôme Cahuzac, un proche de Hollande, parle de redéploiement, plutôt que de création de postes. C’est ce texte rageur qui a mis en colère le candidat socialiste.

«Fin de la discussion», dit Hamon 

Jeudi, à Nantes, François Hollande a réagi en disant qu'il ne tolérerait «aucun écart de langage» dans son camp.  «Aujourd'hui il y a un but qui doit être celui de tous : gagner, permettre le changement. Donc je ne tolérerai aucun écart de langage qui s'écartera de ce principe, c'est trop important», a-t-il dit aux journalistes. «Cela veut dire que les uns et les autres doivent avoir ce seul souci : faire gagner la gauche», a-t-il ajouté.  

 «La responsabilité doit être partagée», insiste Henri Emanuelli. «Nous ne devons pas découvrir des interprétations nouvelles de telle ou telle mesure qui posent problème.» Benoît Hamon, en revanche, n’a pas voulu épiloguer. A quelques journalistes, il a affirmé que le débat était «tranché» et qu’il n’y «reviendrait pas» après la mise au point de François Hollande. «Le candidat s'est exprimé, il a dit ce qu'était sa position. Fin de la discussion», a dit le porte-parole du parti. «L'élection de François Hollande avec une gauche rassemblée autour de lui, c'est l'objectif», a assuré Benoît Hamon. «Ce sera l'aboutissement de mon engagement à moi, comme porte-parole du parti en première ligne du combat contre la droite depuis trois ans et demi et au-delà». «Mon but c'est que François Hollande soit élu», a encore insisté le porte-parole du PS.

Les proches du candidat ont déjà expliqué que les premiers mois de son quinquennat seraient consacrés à la réduction de l'endettement, la redistribution des fruits de cette politique étant réservée à la seconde partie du mandat. Et qu’il ne s’agirait pas de créer de nouveaux postes de fonctionnaires mais bien de redéployer les effectifs. «30.000 (postes) ne sont pas remplacés aujourd'hui. C'est sur cette enveloppe que nous prendrons les 12.000 postes», a-t-il ajouté, en référence à la création de 12.000 postes par an pendant cinq ans pour atteindre 60.000. Pour lui, la création nette de 60.000 emplois dans l'éducation est «indispensable».