Le Front de gauche cherche 500.000 euros

PRESIDENTIELLE Le parti médiatise un appel aux dons pour faire face aux nouveaux frais de campagne...

Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à la présidentielle, lors d'un meeting, le 14 janvier 2012 à Nantes.
Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à la présidentielle, lors d'un meeting, le 14 janvier 2012 à Nantes. — S. SALOM-GOMIS/SIPA

L’argent est le nerf de la guerre…et des campagnes électorales. Le Front de gauche, emmené par le candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, médiatise un appel à souscriptions la semaine prochaine. Un document de quatre pages vient d’ailleurs d’être édité, relayant cet appel.

L’objectif de cette souscription serait de réunir environ 500.000 euros, indique Eric Coquerel, conseiller spécial de Jean-Luc Mélenchon. La mandataire financière de la campagne, Marie-Pierre Oprandi, précise: «Pour la campagne présidentielle de 2007, les dons reçus pour Marie-George Buffet (PC) atteignaient 170.000 euros. Le Front de gauche rassemble aujourd’hui plusieurs formations (PCF-Parti de gauche-Gauche unitaire ndlr). Nous pourrions donc doubler, voire tripler la somme de 2007».

Affluence plus grande aux réunions

Ces dons s’ajouteraient aux «un peu plus de deux millions d’euros» de la campagne nationale, indique Marie-Pierre Oprandi. Cette somme se compose d’1.3 millions d’euros de prêts (800 000 euros étant versés par l'Etat), 500.000 euros au titre du Parti de gauche, 100.000 à 150.000 euros pour les autres partenaires financiers comme le PCF, 100.000 à 150.000 euros fournis par Jean-Luc Mélenchon lui-même, en plus des dons.

Cette souscription est lancée alors que plusieurs changements s’opèrent dans la campagne du candidat du Front de gauche. Pour Eric Coquerel, «il y a une nouvelle ampleur depuis les émissions de télévision et le meeting de Nantes, ce samedi». En effet, le raout, qui devait rassembler 4.000 personnes, en a finalement réuni 6.000. Les réunions locales seraient également plus mobilisatrices.

Mais à quoi serviraient ces nouveaux dons? A accompagner cette affluence, à voir plus grand. Concrètement, à louer des salles plus grandes, à les équiper (sons et lumière), à l’impression et l’envoi de millions de tracts, sans oublier le matériel pour les militants, la gestion des cars pour amener des militants, détaille Marie-Pierre Oprandi.

500.000 euros espérés

Ces dons représentent, selon cette bénévole, «une manière différente de s’investir dans cette campagne». «Les personnes, militantes ou sympathisantes, nous envoient des chèques avec des petits mots d’encouragement. C’est leur manière de pendre parti dans cette campagne, car ils n’ont pas forcément du temps à nous accorder pour coller des affiches ou distribuer des tracts».

Les dons varient entre 5 à 100 euros, pour une moyenne de 50-80 euros, précise Marie-Pierre Oprandi.

En attendant les nouveaux dons, la mandataire financière fait ses comptes: «Tout coûte cher. Des milliers de factures arrivent et nous les réglons. Mais l’important est de transformer l’enthousiasme des militants en action.»