Présidentielle: Hollande s'agace de divergences au sein du PS

POLITIQUE Certains parlent trop vite, selon le candidat PS...

M. Go. avec AFP

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Laurent Fabius a accompagné François Hollande sur le site de Pétroplus, dans la banlieue de Rouen, le 5 janvier 2012.
Laurent Fabius a accompagné François Hollande sur le site de Pétroplus, dans la banlieue de Rouen, le 5 janvier 2012. — K.TRIBOUILLARD / AFP

François Hollande le dit et le répète. En matière de programme, seule sa parole engage. «La bonne version, c’est celle que je donnerai, au moment où je présenterai la plate-forme présidentielle», a ainsi expliqué le candidat socialiste à Gandrange, en réponse à une question sur les 60.000 postes supplémentaires dans l’Education nationale. En attendant qu’il précise sa pensée, les lieutenants parlent. Et ne disent pas toujours la même chose. Dernier exemple en date: ces fameux postes dans l’Education, lundi soir, lors de l’émission Mots Croisés, Jérôme Cahuzac avait évoqué un «redéploiement». Mardi, communiqué rageur de Benoît Hamon, Henri Emmanuelli et Marie-Noëlle Lienemann qui regrettent que le candidat ait abandonné l’idée de créer des postes. Le même genre de divergences avait eu lieu lors de l’annonce de la réforme du quotient familial, notamment entre Manuel Valls et Pierre Moscovici. A chaque fois, la majorité s’engouffre dans la brèche.

La mise au point

Du coup, Hollande a tapé du poing sur la table, selon l'AFP qui rapporte des propos tenus par le candidat devant son Conseil politique, mercredi. «On a tout pour gagner. Si on ne gagne pas, on ne le devra qu'à nous-mêmes. Vous n'êtes pas obligés de vous commenter les uns et les autres et de m'obliger à corriger les uns et les autres», a lancé Hollande.

Ces divergences sur le programme inquiètent certains membres de l’équipe de campagne. «Dans cette affaire, ils ont tous les deux eu tort. Cahuzac n’avait pas à faire cette annonce et Hamon n’avait pas à écrire un communiqué. Le problème, c’est que dès que les micros se tendent, il y en a forcément certains qui sont tentés de répondre à des questions qui n’ont pas encore été arbitrées», explique un dirigeant de l’équipe. Une bonne manière aussi de peser dans les débats internes autour du programme en voie de finalisation.

Ces problèmes de communication sont aussi les conséquences logiques de la stratégie de François Hollande, qui a décidé de retarder l’annonce de son programme. Cela à la fois à cause du contexte économique mais également pour ne pas donner trop de grain à moudre aux soutiens de Nicolas Sarkozy qui n’est pas encore officiellement candidat. «Il est temps que la séquence «matraquage du bilan de Sarkozy», qui était prévue en début d’année, se termine pour que nous annoncions le programme», poursuit un autre membre de l’équipe. Cette nouvelle période devrait commencer dès dimanche avec un grand discours de Hollande au Bourget et s’étalera jusqu’à jeudi soir, avec l’émission Des paroles et des actes. Dans ces journées cruciales, la plupart des grandes propositions du candidat seront dévoilées avant qu’un document ne soit imprimé.