Présidentielle: A Gandrange, François Hollande sur la piste des promesses de Sarkozy

POLITIQUE Le candidat socialiste a rencontré les syndicalistes de Gandrange...

Matthieu Goar, en Lorraine

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François Hollande et Martine Aubry en visite sur le site de Gandrange, mardi 17 janvier 2012
François Hollande et Martine Aubry en visite sur le site de Gandrange, mardi 17 janvier 2012 — AFP PHOTO PATRICK KOVARIK

De notre envoyé spécial en Lorraine

Choc thermique pour le Hollande Tour. Plus de 30°C en partant de Guyane, lundi soir, autour de 0°C en arrivant en Lorraine mardi après-midi. Pas de quoi décourager les suiveurs, quelque 150 journalistes à poursuivre le candidat socialiste et Martine Aubry, bras dessus, bras dessous dans les hangars de l'aciérie Akers, sur la commune de Thionville, voisine de Gandrange. Poses devant les ouvriers, visite au pas de charge, discours au micro dans le bâtiment flambant neuf qui a coûté 17 millions d’euros. «Nous avons confiance dans l’industrie. Notre attachement n’est pas sentimental mais durable, lance le candidat Hollande. Par notre présence ici, nous voulons marquer notre volonté mais aussi notre admiration. Cette région veut vivre mais sans qu’on lui fasse des promesses sans lendemain.»

«Sarkozy a fait de la politique symbolique»

Voilà pour Nicolas Sarkozy, venu en 2008 à Gandrange promettre une bouée de sauvetage de l’Etat pour l'usine d'ArcelorMittal. Résultat: 575 salariés reclassés, mis à la retraite ou licenciés... Dans l’aciérie du groupe suédois Akers, on s’en sort en fabriquant des cylindres à laminoirs. «C’est un produit à haute valeur ajoutée. Mais nous avons tout de même divisé par deux notre chiffre d’affaires depuis 2008. Et les Chinois viennent d’investir dans une usine qui produit autant que l’ensemble de notre groupe», détaille Philippe Bello, dirigeant du groupe. Et cinq salariés ont été licenciés pour raisons économiques.

L’entourage de François Hollande égraine ses solutions pour l’industrie: la création d’une banque publique d’investissement, une fiscalité plus souple avec les PME qui produisent et plus dure avec les groupes financiers, une meilleure formation des jeunes… Et n'oublie pas de taper sur l’UMP. «450.000 emplois perdus dans l’industrie en cinq ans. Voilà le bilan. Sarkozy a fait de la politique symbolique, alors que l’Etat doit redevenir un acteur stratégique. Nous serons dans l’authenticité. C’est l’engagement de Hollande», rappelle Bernard Cazeneuve, l’un des porte-parole de la campagne.

Des idées, pas des promesses

Direction Gandrange, 2.500 habitants, 198 personnes inscrites au Point emploi et une aciérie fermée après le désengagement d’ArcelorMittal. Un groupe qui vient d’investir cinq milliards de dollars en Inde. Après quelques autographes avec les enfants qui «l’ont vu à la télé», François Hollande s’engouffre avec les syndicalistes pour 45 minutes de réunion. «Nous lui avons parlé de notre projet d’aciérie électrique pour remplacer l’ancienne. Il nous a dit de prendre rendez-vous avec l’homme qui s’occupe de l’industrie dans son équipe (Alain Rousset). Nous le ferons à la première heure demain matin», raconte Jacky Mascelli, délégué CGT. A la CFDT, on questionne le candidat sur une loi qui obligerait les groupes à vendre l’outil de travail à un concurrent plutôt que de laisser vivoter l’entreprise. «Nous allons réfléchir à l’outil législatif», répond le candidat socialiste.

Pas d’engagement ferme, pas de promesses. Les syndicats se réjouissent de la prudence. «De toute façon, nous ne serons plus dupes. On en a trop entendu», glisse l'un d’entre eux. «Moi je ne souhaite pas qu’il y ait une deuxième plaque à Gandrange pour un autre président qui n’aurait pas tenu ses promesses (référence à la stèle posée par les syndicats en souvenir des promesses de Sarkozy. Une stèle volée en début d’année). Si je suis venu ici, ce n’est de toute façon pas pour éclairer les promesses non tenues, c’est pour éclairer l’avenir», conclut François Hollande.