Comment Michèle Alliot-Marie revient au coeur de la vie politique française

PRESIDENTIELLE L'ancienne ministre se refait une virginité politique à la faveur de la campagne électorale...

Anne-Laëtitia Béraud

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L'ancienne ministre Michèle Alliot-Marie, à Matignon, le 17 janvier 2012 à Paris. 
 
L'ancienne ministre Michèle Alliot-Marie, à Matignon, le 17 janvier 2012 à Paris.   — F. DUPUY/SIPA

L’ancienne ministre Michèle Alliot-Marie, poussée vers la sortie au début de l’année 2011 après la polémique autour de ses vacances tunisiennes, alors que la révolution arabe y grondait, revient peu à peu dans les premiers cercles de la vie politique nationale, à la faveur de la campagne présidentielle.

Ce mardi soir, l’ancienne garde des Sceaux, à la longévité exceptionnelle sous la Ve République, est «l’organisatrice» de la réunion thématique de l’UMP baptisée: «Au service de la France silencieuse». Un sujet qui, en ce moment, passionne plus d’un candidat à l’élection présidentielle.

>> Voir ici notre zapping des candidats politiques et la France des «oubliés»

Un retour vers la lumière médiatique, alors que, depuis son départ forcé du gouvernement, MAM restait discrète. Elle avait retrouvée son siège de député des Pyrénées-Atlantiques à l’Assemblée nationale, étant parallèlement première adjointe au maire de Saint-Jean-de-Luz, son fief. Elle n’avait guère brillé au sein de l’UMP, elle qui assume pourtant le poste de vice-présidente du conseil national du parti majoritaire.

Une cure de silence jugé comme «un temps de recul et de repos», indique Florimond Olive, de la communication du club politique Le Chêne, présidé par MAM. Mais l’automne revenant, les activités politiques se font plus denses.

Un retour de moins en moins discret

En octobre dernier, elle s’est vue confier une réunion thématique de l’UMP consacrée à la solitude. Quelques jours plus tard, elle apparaissait aux Journées parlementaires du parti à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire).

Début janvier, lors de ses vœux, Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP a martelé que c’était Michèle Alliot-Marie qui était «à l'initiative et l'organisatrice de la convention» qui s’organise ce mardi soir.

MAM, qui dit ouvertement qu’elle n’est «pas une grande spécialiste de communication», effectue pourtant, à l’instar de l’équipe des «snipers» de l’UMP, le travail de démontage des idées du candidat socialiste François Hollande: critique du quotient familial, promotion de l’énergie nucléaire ou communication sur la perte du triple A, ou sur la crise de la dette.

Des soutiens solides

A la radio, dans la presse écrite, elle intervient, et joue même le rôle de «joker» de Jean-Pierre Raffarin en tant qu’«éditorialiste» de droite dans une émission de Michel Field sur LCI.

Pourquoi ce retour médiatique? Ceci est le résultat de plusieurs facteurs, analyse Arnaud Mercier, professeur de communication politique à l’université de Metz: «MAM a dirigé l’UMP et dispose, encore aujourd’hui, de soutiens solides. Par ailleurs, cette histoire de vacances tunisiennes a été perçue par nombre de militants comme un péché véniel».

Toujours populaire

Ensuite, «à l’approche de la présidentielle, Nicolas Sarkozy ne peut pas faire l’impasse sur Michèle Alliot-Marie», alors que chaque soutien à droite compte, ajoute le professeur. «Elle pourra, durant cette campagne, se refaire une virginité, en travaillant auprès des militants», précise-t-il.

L’ancienne ministre peut enfin compter sur un point positif, elle qui n’exerce plus aucune fonction de premier plan: Sa popularité. Dans le palmarès des personnalités politiques du baromètre mensuel Ipsos, à paraître ce jeudi dans Le Point, MAM se situe certes loin derrière François Bayrou et François Hollande, à 56% d’opinions favorables, mais elle enregistre, avec ses 32%, le même score que Marine Le Pen, talonnant Dominique de Villepin (35%).