Hollande en visite express en Guyane

REPORTAGE Le candidat socialiste a reçu un accueil chaleureux dans ce territoire qui vote traditionnellement à droite...

Maud Pierron, à Cayenne

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François Hollande lors de son déplacement à Cayenne, le 15 janvier 2012.
François Hollande lors de son déplacement à Cayenne, le 15 janvier 2012. — no credit

De notre envoyée spéciale en Guyane,

De la chaleur, de l’enthousiasme. Enfin. Les Guyanais ne sont pas rancuniers: ils ont accordé un accueil (à la) royal à François Hollande, alors même qu’il n’a foulé leur sol que pour une poignée d’heures. T-shirt jaunes flashy sur le dos siglé «PSG» (pour Parti socialiste guyanais), la quarantaine de militants scandent de bruyants «Hollande président!» à son arrivée, au terme de sa tournée de trois jours qui l'a déjà mené en Guadeloupe et aux Antilles.

Ces mêmes militants le suivront trois heures plus tard, au quartier de la rénovation urbaine, dans le centre de Cayenne. «Bienvenue, honneur à la Guyane, bienvenue, honneur à nou péi». C’est Musanda, un groupe de musique local, qui s’est installé avec ses chanteuses aux robes de madras et ses musiciens au cœur du quartier aux immeubles défraichis. Ils attendent le candidat, avec le sourire.

«Je ne vous oublierai pas»

Un candidat forcément en retard au regard de l’agenda chargé qui lui a été concocté et notamment l’inévitable déjeuner avec les responsables de la gauche locale et la rencontre avec la maire de Cayenne. Christiane Taubira, elle, vient d’arriver sur son vélo.  «Il y a vieille tradition d’hospitalité en Guyane», explique la députée. Surtout, François Hollande, «a deux qualités cardinales, la qualité d’écoute, et il est un élu local, il sait ce que c’est d’avoir les mains dans le cambouis». Dès qu’il arrive, sortant de sa berline, la même musique entraînante reprend et le socialiste abandonne enfin son masque de gravité pour afficher un grand sourire.

Quinze minutes montre en main. Malgré ce timing serré, François Hollande ne boude pas son plaisir. «Vous me donnez là le meilleur accueil», commence-t-il. «Je suis venu à votre rencontre car je souhaite que vous vous engagiez dans cette campagne», lance-t-il à la grosse vingtaine d’habitants qui l'entourent. «Je sais qu’un autre candidat va venir mais je ne suis pas sûr qu’il viendra dans le quartier», lâche-t-il en référence à la venue la semaine prochaine de Nicolas Sarkozy. Et comme pour pallier la brièveté de sa visite, Hollande lâche, presque lyrique: «Je ne vous oublierai pas, ce quartier je le vois, je le regarde, je vois des visages. La Guyane a beaucoup de ressources, la plus grande des ressources, ce sont les hommes et les femmes qui y vivent».

Carte postale

Les femmes justement, du moins une, a un message à lui faire passer. «Tati Léodatte» l’interpelle: «On est agressé partout. Que comptez-vous faire pour l’insécurité?». «Merci Tatie», lui répond le candidat Hollande, qui promet «des moyens» et notamment une hausse des effectifs de la police, rappelant que Sarkozy avait promis un commissariat dans la ville... qui n’a jamais vu le jour. «L’insécurité, c’est une agression d’abord contre les plus faibles, les plus fragile. La lutte contre l’insécurité, c’est la lutte pour l’égalité», rappelle le candidat socialiste. Une parenthèse d’un quart d’heure sur la poignée d’heure en Guyane qui offre à François Hollande cette carte postale colorée qu’il avait esquivé jusque-là, pour parer aux critiques de la droite et ne pas donner «l’impression d’images de détente» alors que les Français souffrent. Le candidat de l'espérance lucide n'a pas l'air de s'en porter plus mal. Mieux même, il promet qu'il reviendra alors qu'un habitant lui reprochait de ne pas venir plus souvent.