Perte du triple A: Quel candidat peut en tirer profit?

POLITIQUE François Hollande, Marine Le Pen ou l'abstention?...

Maud Pierron
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Mosaïque des candidats à l'élection présidentielle 2012. Nicolas Sarkozy, François Hollande, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et François Bayrou (De gauche à droite et de haut bas)
Mosaïque des candidats à l'élection présidentielle 2012. Nicolas Sarkozy, François Hollande, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et François Bayrou (De gauche à droite et de haut bas) — 20minutes.fr

Plusieurs fois annoncée, plusieurs fois démentie... La  note  souveraine de la France a été dégradée par l'agence Standard and  Poor's. La France a perdu son triple A . Personne, dans la classe   politique, ne pourra se réjouir de cette décision, mais certains  candidats pourraient tirer -  mieux que d’autres - leur épingle du jeu  de cette nouvelle donne.  «Cela nuit à toute la classe politique et  notamment aux partis de  gouvernement à qui on a confié depuis des  années les clés de la maison et qui n’ont pas su gérer le budget»,  prévient  Jérôme Sainte-Marie, directeur du département opinion de  l’Institut de  sondage CSA.

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«Les  Français se disent: ‘les politiques n’y arrivent pas. Et  pourquoi voter  pour des gens qui ne nous promettent que de souffrir?’»,  relaie le  spécialiste de l’opinion. De fait, pour lui, c’est  «l’abstention qui pourrait être la grande  gagnante» de cette  dégradation. 20Minutes fait le point sur les différents hypothèses.

Nicolas Sarkozy et l’UMP
Le chef de l’Etat a eu beau anticiper cette dégradation et la relativiser,  cette décision de Standard and Poors est d’abord à mettre à son débit.   Même si la zone euro tangue depuis l'été 2011, c’est bien  lui qui est  au commande du pays depuis 2007 et la droite, plus largement, qui tient  la barre depuis dix ans, comme  le souligne l’opposition. «Sa posture de  sauveur est entachée», relève  le politologue Stéphane Rozès, directeur  de Conseil analyse et  perspectives (CAP). C’est très mauvais pour Nicolas Sarkozy  car «c’est lui qui a popularisé le triple A, en en  faisant le viatique  de sa réélection. Il y a donc un effet boomerang  évident», juge Jérôme  Sainte-Marie. Surtout que l'Allemagne, partenaire principal de la  France, échapperait à cette punition. Un vrai boulet pour Sarkozy donc, mais l'Elysée doit déjà plancher sur la manière de retourner l'argument. 

François Hollande et le PS
Principal opposant, le député socialiste de Corrèze devrait pouvoir tirer profit de la mauvaise note de la France. Mais ce n’est pas si simple rappelle Jérôme Sainte-Marie, puisque la gauche garde une «image dépensophile dans l’imaginaire collectif». Et, insiste-t-il, la perte du triple A «empêche le candidat socialiste de faire des promesses en termes de redistributions ou de dépense publiques, la vocation même d’une politique sociale-démocrate». Du coup, les électeurs de gauche pourraient être déroutés.
Une analyse que ne partage pas Stéphane Rozès selon lequel Hollande a justement remporté les primaires socialistes en se positionnant sur «le créneau du plus réaliste à gauche», du plus rigoureux en terme de finances publiques. Mais les socialistes pourront faire de cette mauvaise nouvelle un argument massue dans leur critique du bilan de Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy
Une analyse que ne partage pas Stéphane Rozès selon lequel Hollande a justement remporté les primaires socialistes en se positionnant sur «le créneau du plus réaliste à gauche», du plus rigoureux en terme de finances publiques. Mais les socialistes pourront faire de cette mauvaise nouvelle un argument massue dans leur critique du bilan de Nicolas Sarkozy.
François Bayrou et le MoDem
Il y a cinq ans, seul contre tous, le centriste faisait de la réduction de la dette l’alpha et l’oméga de son programme. Aujourd’hui, la crise lui donne raison. «Il a vu le danger avant tout le monde. Mais pour en profiter, il devra montrer qu’il peut offrir un autre chemin alors que pour l’instant, les marchés financiers donnent le "La" aux démocraties», analyse Stéphane Rozès. Pour Jérôme Sainte-Marie, c’est effectivement François Bayrou qui pourrait être «le grand gagnant» de cette France dégradée. «Il est porteur d’un diagnostic précoce sur la crise et de l’idée d’un gouvernement national, plébiscitée par les Français», ajoute le sondeur. Sauf que pour l’instant, il apparaît comme «solitaire» ce qui ne plaide pas en sa faveur. «Aura-t-il les moyens humains et financiers de s’étoffer» pour récolter les fruits électoraux de ses idées, demande-t-il.

François Bayrou et le MoDem
Il y a cinq ans, seul contre tous, le centriste faisait de la réduction de la dette l’alpha et l’oméga de son programme. Aujourd’hui, la crise lui donne raison. «Il a vu le danger avant tout le monde. Mais pour en profiter, il devra montrer qu’il peut offrir un autre chemin alors que pour l’instant, les marchés financiers donnent le "La" aux démocraties», analyse Stéphane Rozès. Pour Jérôme Sainte-Marie, c’est effectivement François Bayrou qui pourrait être «le grand gagnant» de cette France dégradée. «Il est porteur d’un diagnostic précoce sur la crise et de l’idée d’un gouvernement national, plébiscitée par les Français», ajoute le sondeur. Sauf que pour l’instant, il apparaît comme «solitaire» ce qui ne plaide pas en sa faveur. «Aura-t-il les moyens humains et financiers de s’étoffer» pour récolter les fruits électoraux de ses idées, demande-t-il.
Marine Le Pen et le FN
Avec son discours sur le protectionnisme et la fin de l’euro, Marine Le Pen pourrait la jouer sur le mode: «je vous l’avais bien dit». Mais «ça ne changera pas grand-chose pour elle car son électorat a le sentiment d’être dans la crise depuis longtemps», et non depuis la crise de la dette, relève Stéphane Rozès. Elle «manque de crédibilité au niveau économique», ajoute Jérôme Sainte-Marie.

Marine Le Pen et le FN
Avec son discours sur le protectionnisme et la fin de l’euro, Marine Le Pen pourrait la jouer sur le mode: «je vous l’avais bien dit». Mais «ça ne changera pas grand-chose pour elle car son électorat a le sentiment d’être dans la crise depuis longtemps», et non depuis la crise de la dette, relève Stéphane Rozès. Elle «manque de crédibilité au niveau économique», ajoute Jérôme Sainte-Marie.
Eva Joly et EELV
L’écologiste a travaillé son programme avec des hypothèses de croissance assez basses, à moins de 1%. Les plus proches de la réalité, si l’on compare avec le PS, par exemple, qui tablait sur une croissance de 2,5%. Pour autant, elle non plus «n’a pas de crédibilité suffisante en matière économique», juge Jérôme Sainte-Marie. «Elle met de la décroissance dans son programme mais au contraire, tout le sujet, dans cette période de chômage, c’est la croissance», note le politologue Stéphane Rozès.
Mélenchon et le Front de gauche
Ce devrait être un contexte porteur pour le pourfendeur des agences de notation. Et pourtant, «cette dégradation donne certes raisons aux extrêmes mais elle ne sera pas porteuse électoralement», assure Jérôme Sainte-Marie. «Dans une période troublée», voter pour de tels partis peut sembler une option «risquée».