Présidentielle: Dans les locaux de campagne de François Hollande

REPORTAGE Le candidat socialiste a trouvé un immeuble un peu exigu à la décoration sobre...

Matthieu Goar

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François Hollande sort de son bureau le jour de l'inauguration de son QG de campagne, le 11 janvier 2012.
François Hollande sort de son bureau le jour de l'inauguration de son QG de campagne, le 11 janvier 2012. — FRED DUFOUR / AFP

Au 59 de l’avenue de Ségur (VIIe), à Paris, seul un petit panneau François Hollande distingue l’immeuble. A l’entrée, un guichet d’accueil et surtout une immense affiche: «Pour que 2012 soit vraiment une année nouvelle.» Les journalistes piétinent dans l’escalier qui mène au premier étage, celui de la salle de la conférence de presse qui déborde. Le candidat déboule de son deuxième étage, se fraye un passage pour prononcer son premier discours à la maison. «Nous avons 100 jours pour redonner espoir, pour convaincre. Je suis le premier responsable de cette campagne, j’y mettrai toute mon énergie, tout mon caractère. Je ne serai pas souvent dans ce siège, vous m’y suppléerez», lance François Hollande devant les journalistes et les responsables socialistes agglutinés. «Ce siège de campagne est trop petit déjà», lâche-t-il.

 Le candidat file au deuxième étage pour recevoir dans son bureau sobre. Quelques sièges, un ordinateur, un téléphone. Sur le même palier, les bureaux des hommes-clés de la campagne: Faouzi Lamdaoui, chef de cabinet, Stéphane Le Foll, responsable de l’organisation, Nacer Meddah, secrétaire général de la campagne et Pierre Moscovici, directeur de campagne. «Nous ne sommes pas loin de Solférino, des lieux de pouvoir. Et puis c’est important dans une campagne d’avoir une unité de lieu, d’avoir seulement besoin de pousser une porte pour échanger des informations», lâche Pierre Moscovici qui bénéficie d’un accès direct au bureau de François Hollande. Peut-être une façon d’éviter les cafouillages, comme récemment au sujet du quotient familial.

Pas de place pour les militants

 Justement, le troisième étage est le palier de la cellule de com’. Manuel Valls, le directeur de communication, y a installé son bureau et une salle de réunion où il rassemble les 4 porte-parole ainsi que Benoît Hamon tous les matin à 10 heures. Un peu plus loin, un bureau est réservé à Valérie Trierweiler qui ne figura pas sur l’organigramme de campagne mais est très présente aux côtés de son compagnon depuis le début de l’année. Le 4eétage est réservé à l’équipe web et au multimédia. Le coin des jeunes. Au fond du couloir, Michel Sapin et Vincent Peillon, deux des têtes pensantes, se partagent un tout petit bureau. Pas de régime de faveur.

Entre 60 et 80 personnes travailleront ici à terme. Beaucoup partageront la même pièce dans ces 1000m2. Le QG est exigu. «Fonctionnel», répondent en chœur les partisans de François Hollande qui ne souhaite pas faire dans l’ostentatoire. L’arrondissement est riche, l’immeuble relativement simple (40.000 euros par mois de loyer). Mais le QG sera-t-il un lieu de vie? Vu les embouteillages en bas de l’escalier au cours de cette inauguration, il apparaît difficile d’accueillir une foule de militants. «Non je ne suis pas d’accord. Les militants sont les bienvenus. Les Français doivent venir pousser la porte s’ils ont une question ou s’ils sont simplement curieux de nos propositions. Et puis je doute que toutes nos conférences attirent à chaque fois 300 journalistes», relativise Najat Belkacem, porte-parole du candidat, avant de conclure: «Et puis, en mai, j’espère que nous serons tous dans la rue.»