Présidentielle: Les adhérents, ça compte énormément?

POLITIQUE Les partis ont fait du nombre d'adhérents un argument de campagne. Mais a-t-il vraiment une importance stratégique?...

Lucie Romano

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Le 10 janvier 2012, la secrétaire générale du Parti Socialiste présente ses voeux à la presse au siège du parti, rue de Solferino.
Le 10 janvier 2012, la secrétaire générale du Parti Socialiste présente ses voeux à la presse au siège du parti, rue de Solferino. — VINCENT WARTNER / 20 MINUTES

174.000 adhérents pour le Parti socialiste, 261.000 pour l’UMP, entre 35.000 et 40.000 pour le Modem et le FN, 10.000 pour le Nouveau Centre… Chaque année, fin décembre, les partis font les comptes. Des comptes qui échappent à tout contrôle externe. Impossible, par exemple, de vérifier si l’UMP a bel et bien attiré 90.000 nouveaux adhérents depuis juin dernier, comme l’a récemment annoncé Jean-François Copé.

Et si les chiffres font parfois l’objet de surenchère, c’est que l’image qu’ils donnent est fondamentale: montrer que le parti attire encore. Chacun vante cette dynamique: «un très bon taux de renouvellement parmi les adhérents» pour Steeve Briois, secrétaire général du Front national, «une très bonne année 2011» pour Pascale Boistard, responsable des adhésions au PS, «le signe d’une montée en puissance» pour Franck Riester, secrétaire national de l’UMP en charge de la communication.

L’important, c’est la masse militante

Pourtant, en vérité, tous les partis ont subi une érosion de leurs réserves d’adhérents depuis la dernière présidentielle. Le Modem a perdu «40% des adhérents», explique Jean-François Martins, le directeur de la communication. Mais «d’autres adhéreront dans le temps fort de la campagne», prédit-il.

«Le rapport à l’adhésion a changé», relève le politologue Rémi Lefebvre: «Avec la primaire socialiste, plus besoin d’avoir sa carte pour désigner son candidat et participer à la campagne.» Cette fois, plus encore qu’en 2007, les partis font appel à des «volontaires» (Modem), des «contributeurs» (EELV), bref des non encartés. Ils font même parfois l’impasse sur les adhérents, comme le Front de gauche. Dans l’entourage de Dominique de Villepin, on résume bien la situation: «Ce qui compte, c’est d’avoir une masse militante. Elle englobe l’ensemble des adhérents, donateurs, et sympathisants. On n’en a la mesure qu’au moment où l’informaticien envoie un courriel à l’ensemble des personnes recensées dans nos fichiers.» A ce titre, les 700.000 adresses électroniques récoltées par le PS au moment de la primaire sont un trésor de guerre.