Marisol Touraine: «La droite ferait mieux de se regarder plutôt que de pousser des cris d'orfraie»

POLITIQUE La responsable du pôle social de François Hollande s'explique sur le quotient familial...

Propos recuillis par Matthieu Goar

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Le document livre un éventail de propositions non chiffrées notamment sur l'éducation : scolarité obligatoire dès trois ans (six aujourd'hui), raccourcir les vacances d'été et la semaine de cinq jours éducatifs.
Le document livre un éventail de propositions non chiffrées notamment sur l'éducation : scolarité obligatoire dès trois ans (six aujourd'hui), raccourcir les vacances d'été et la semaine de cinq jours éducatifs. — Emmanuel Glachant AFP/Archives

Le quotidien économique Les Echos évoque, lundi matin, l’idée d’une suppression du quotient familial en cas de victoire de François Hollande. Depuis, la droite, et Nicolas Sarkozy en tête, s’énerve, les socialistes s’emmêlent les pinceaux et François Hollande n’évoque plus qu’une «modulation» de ce système. Marisol Touraine s’explique.

Hollande souhaite-t-il supprimer le quotient familial?

Non. Il ne s’agit pas de supprimer le principe du quotient familial. Ce que nous voulons en réalité, c’est moduler les différents calculs de répartitions des aides qui est injuste. Est-il normal dans notre pays que 10% des ménages les plus aisés bénéficient de 42% du montant des aides alors que 50% des ménages les plus modestes ne touchent que 10%? Bien sûr que non… A titre d’exemple, un couple avec 3 enfants qui gagne 2 smics ne bénéficie que de 600 euros d’aide de l’Etat. Un couple avec le même nombre d’enfants, mais dont les revenus atteignent 10 smics, peut obtenir jusqu’à 9.000 euros.

En lisant Les Echos, on avait pourtant l’impression que vous vouliez supprimer ce système pour le remplacer par des crédits d’impôt…

Non, l’article des Echos s’appuyait sur une note du Trésor. Dans notre réflexion, le crédit d’impôt n’était qu’une hypothèse de travail. Nous voulons moduler ces aides dans le cadre d’une réforme fiscale globale.

Mais du coup, la majorité s’engouffre dans la brèche...

La droite ferait mieux de se regarder en face plutôt que de pousser des crie d’orfraie alors qu’elle n’a cessé depuis des années de faire du mal aux familles. Dois-je rappeler qu’un enfant sur deux de moins de trois ans a des difficultés à trouver des solutions d’accueil lorsque les parents travaillent? Dans notre pays, 2, 5 millions d’enfants vivent dans la pauvreté. La majorité est-elle vraiment en situation de critiquer?