Présidentielle: Le PS veut moduler le calcul des aides, Sarkozy défend le quotient familial

POLITIQUE La position du PS n’est pas très claire. L’UMP s’engouffre dans la brèche…

Matthieu Goar avec Maud Pierron

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Nicolas Sarkozy, à Vaucouleurs, le 6 janvier 2012.
Nicolas Sarkozy, à Vaucouleurs, le 6 janvier 2012. — POL EMILE/SIPA

Pas touche à la politique familiale. Mardi, en déplacement dans le Haut-Rhin, Nicolas Sarkozy a étrillé la proposition de François Hollande de réformer le quotient familial, un système de déduction fiscale calculé sur la base des revenus et du nombre d’enfants (voir ci-dessous). «Abroger le quotient familial aurait des conséquences dramatiques pour toutes les familles françaises», a lancé le chef de l'Etat, toujours pas en campagne. «Il appartient à notre héritage, tout en cimentant notre société dans un monde aux repères incertains», a continué le président en utilisant le terme «folie» pour décrire l’idée de François Hollande.

La droite, dans son ensemble s’est engouffrée dans la brèche. Jean-François Copé parlant d’une idée «extrêmement grave», et Christine Boutin évoquant sur le site atlantico.fr «une véritable destruction de la famille».

Suppression ou transformation?

Devant les réactions, François Hollande a précisé sur son compte Twitter qu’il «transformerait donc le quotient familial pour qu'il soit plus avantageux pour les classes moyennes et les familles modestes». Dans ce message, le candidat socialiste ne parle plus de supprimer ce système au profit d’un crédit d’impôt.
Rétropédalage ou précision? Plus tôt, l'équipe du candidat avait écrit «Il ne s'agit pas de supprimer le quotient familial, mais de le rendre plus juste» avant de suprimer un tweet embrouillé. Une communication loin d'être  claire pour un système qui représente 10 milliards d'euros d'aide par an. 

«Il n 'a jamais été question de supprimer le principe du quotient familial. Il s'agit que le calcul des aides soit modulé différemment. On ne peut pas continuer avec une répartition qui fait que 10% des ménages les plus aisés bénéficient de 42% des aides», explique à 20 minutes Marisol Touraine, responsable du pôle social de l'équipe de François Hollande. Abandonnée donc l'idée d'un crédit d'impôt évoqué par Les Echos, lundi matin, pour remplacer le système des déductions fiscales? «L'article des Echos s'inspirait d'une note du Trésor. Le crédit d'impôt n'était qu'une hypothèse de travail, poursuit Marisol Touraine qui critique l'UMP. Quand je vois la droite pousser des cris d'Orfraie, j'ai envie de leur rappeler qu'ils ont fait du mal aux familles, que 2, 5 millions d'enfants vivent dans la pauvreté dans ce pays.»

Un caffouillage médiatique

La journée de mardi avait  commencé par un léger cafouillage de communication au sein du PS. Manuel Valls, directeur de la communication, assurant sur RMC que François Hollande supprimera bien le quotient alors que Michel Sapin, responsable du projet évoque au même moment une «piste de réflexion». «Je connais le jeu d’avance: on nous critique sur le flou de nos propositions et si l’on est précis, on nous critiquera parce qu’on est trop précis», a ensuite confié Manuel Valls à des journalistes lors des vœux de Martine Aubry.Dans l'article des Echos de lundi, l'équipe de camapgne de Hollande semblait privilégier la piste d'une suppression. Une idée abandonnée depuis.

Le quotient familial?

Le quotient familial, créé en 1945 et qui « coûte » 10 milliards d’euros, est un système qui calcule les déductions fiscales suivant le nombre d’enfants et les revenus. Plus une famille a d’enfants et gagne bien sa vie, plus les aides sont importantes. L’idée de Hollande est de remplacer ce système de déduction fiscale par un crédit d’impôt par enfant qui bénéficierait à tous les parents de façon égalitaire, même aux foyers non imposables. Dans ce cas, les foyers les plus riches (qui gagnent plus de trois smics, soit 4 200 € brut par mois) verraient leur ressource diminuer, tandis que 5 millions de personnes accéderaient dorénavant à une aide, selon un rapport du Trésor analysé par Les Echos.