Voeux 2012: François Fillon charge sévèrement François Hollande

POLITIQUE Le Premier ministre présentait ses derniers voeux du quinquennat à la presse...

Anne-Laëtitia Béraud

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François Fillon, Premier ministre, lors de la cérémonie de voeux à la presse, à Matignon, le 9 janvier 2012 à Paris.
François Fillon, Premier ministre, lors de la cérémonie de voeux à la presse, à Matignon, le 9 janvier 2012 à Paris. — A. Gelebart/20 Minutes

Dans un petit salon de l’hôtel de Matignon, le Premier ministre, François Fillon, transmettait ce midi ses derniers vœux du quinquennat.

Sur une petite estrade devant les jardins de l’un des plus beaux hôtels de la République, le Premier ministre a profité de l'occasion pour faire la promotion du bilan de Nicolas Sarkozy, et sonner la charge contre le candidat socialiste, François Hollande.

Au chapitre des succès, égrène le Premier ministre, malgré «la crise (qui) nous oblige à faire mieux avec moins»: «les allégements de charges sur les bas salaires à l’assouplissement des 35 heures, la réforme de la taxe professionnelle au triplement du crédit impôt-recherche, la mise en place des grands investissements d’avenir à du Fonds stratégique d’investissement». Sont également cités «l’autonomie des universités, le service minimum dans les transports, la loi sur la représentativité des syndicats… la loi contre le port de la burqa».

«Pardonnez-moi d'être austère»

Autre motif de satisfaction, le déficit public: «Je peux vous annoncer qu'en 2011, notre déficit sera inférieur de l'ordre de quatre milliards à la dernière prévision. Notre déficit public pour 2011 sera donc très probablement inférieur aux 5,7% du PIB sur lesquels nous nous sommes engagés», a notamment déclaré le Premier ministre, qui n’a toutefois pas indiqué de nouvelles mesures pour réduire les déficits.

Interprétant une nouvelle fois son rôle de responsable sévère du gouvernement avec un «Pardonnez-moi d’être austère, mais gérer la crise et en sortir, c’est la première des priorités», François Fillon a ensuite sonné la charge contre le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande.

Hollande ou le «mythe du phénix qui renaît de ses cendres»

Le chef du gouvernement a critiqué le socialiste, accusé de «diabolisation infantile». «Chacun aura compris son but: éviter de parler du fond, éviter d’élargir aux contraintes du monde et par là même, éviter de placer le socialisme devant ses contradictions», a-t-il poursuivi.

Critiquant «l’adresse aux Français» du socialiste publiée dans Libération la semaine dernière, François Fillon a déclaré: «A écouter François Hollande, tout n'est qu'échec, iniquité, désolation, bref notre pays est dans le gouffre», indiquant plus loin: «Je combats cette maladie, cette sorte de scorpionite, cette autolyse qui consiste à nous envenimer pour mieux croire au mythe du phénix qui renaît de ses cendres».

Eloge de la réforme

Pour le Premier ministre, la majorité n'a «pas de leçons à recevoir en matière de solidarité». Et Fillon de s'élever contre l'idée qu'il dirige un «gouvernement des riches».

«Je suis désolé de dire que durant des années, à gauche, au centre ou à droite, nous avons fait prendre au pays le risque de retards, et les additions coûtent cher aujourd’hui. Je ne vise personne, c’était un état d’esprit», a-t-il déploré. Avant de valoriser les réformes du Président Nicolas Sarkozy, avec un clin d’œil à la prochaine élection présidentielle: «La réforme est une valeur en soi. Elle l’était en 2007, elle le reste en 2012.»