Présidentielle: Hollande retient les leçons de Tonton Mitterrand

ÉLECTION e candidat socialiste a rendu un hommage très politique à François Mitterrand...

Matthieu Goar, à Jarnac

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François Hollande, candidat socialiste à l'élection présidentielle, dépose une gerbe de fleurs sur la tombe de François Mitterrand, à l'occasion du 16e anniversaire de la mort de l'ancien chef de l'Etat (dimanche 8 janvier 2012, à Jarnac)
François Hollande, candidat socialiste à l'élection présidentielle, dépose une gerbe de fleurs sur la tombe de François Mitterrand, à l'occasion du 16e anniversaire de la mort de l'ancien chef de l'Etat (dimanche 8 janvier 2012, à Jarnac) — AFP PHOTO / PIERRE ANDRIEU

De notre envoyé spécial

Quinze semaines de campagne à peine. Il reste seulement un peu plus de 100 jours à Hollande pour tenter de succéder à François Mitterrand, seul président socialiste de la Ve République. «Je ne veux pas le laisser dans cette situation», sourit le candidat devant le banquet de la salle des fêtes de Jarnac qui rend hommage à l’ancien président, mort il y a 16 ans jours pour jour.

Visite de la maison familiale des Mitterrand, dépôt d’une gerbe sur sa tombe, marche dans les rues de Jarnac, Hollande, entouré de centaines de personnes et accompagné par Mazarine Pingeot et Gilbert Mitterrand, est un héritier consciencieux. Un héritier qui égraine les leçons de Mitterrand, notamment son rapport particulier à l’agenda politique. «Il y a d’abord chez François Mitterrand la maîtrise du temps, cette façon de garder sa liberté, de choisir ses moments, ralentir pour mieux accélérer», se souvient Hollande qui ne révélera son programme que fin janvier.

Et tant pis si l’UMP tance le «candidat sans idées». «Oui on ne fait plus campagne comme il y a 30 ans mais on n’est pas obligé de céder au rythme des médias, des petites phrases», détaille le député européen Harlem Désir au bout de cette semaine marquée par la polémique née de l’expression «sale mec». «Ils sont à l'affût, dans la surenchère», estime Hollande en aparté.

Le dialogue et la modernité

Alors qu’il doit rencontrer les syndicats, lundi, pour évoquer la situation sociale, le socialiste prône le dialogue. «L’histoire de notre pays ne se fait pas en usant de brutalité, forcément stérile, mais par le mouvement. Mitterrand, en choisissant la gauche avait choisi le parti du mouvement», poursuit le candidat qui rappelle les grandes lois du premier septennat: la décentralisation, l’abolition de la peine de mort. «C’est la volonté politique qui fait entrer un peuple dans la modernité… Le droit de se marier pour tous les couples, le droit de mourir dans la dignité, je ne sais pas si ces idées sont populaires mais je sais que là réside la modernité», prédit Hollande.

Dans la salle, la Mitterrandie applaudit. «Il faut avant tout qu’il garde son authenticité. Qu’il ne cède pas sur ses grandes lignes comme son plan de création de postes au sein de l’Education nationale», prêche Jack Lang, enfin parachuté dans les Vosges pour les législatives. «Plus qu’un hommage, aujourd’hui, c’est une filiation. Comme Mitterrand, Hollande est un candidat enraciné dans la France», glisse Harlem Désir alors que le prétendant pose avec les familles dans les rues de Jarnac«Il faut lui rentrer dans le lard au Sarkozy», lance une dame en fourrure. Après le temps du souvenir, la campagne reprend vite ses droits.