Présidentielle: Première turbulence de campagne pour François Hollande

REPORTAGE Le premier déplacement de l'année de François Hollande a été troublé par une polémique sur des propos tenus en «off»...

Maud Pierron

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Le 4 janvier 2012 à Pessac, conférence de presse de François Hollande.
Le 4 janvier 2012 à Pessac, conférence de presse de François Hollande. — SEBASTIEN ORTOLA / 20 MINUTES

De notre envoyée spéciale à Mérignac

Il a beau écouter attentivement les cadres de l’entreprise ASTF, à Mérignac, lui expliquer le fonctionnement de l’usine, François Hollande sait que la nuée de journalistes qui a fait le déplacement ce mercredi l’attend sur autre chose. Sur des propos qu’il aurait tenus sur Nicolas Sarkozy. Le chef de l’Etat serait «un sale mec», aurait-il dit  en «off» à des journalistes, avant que le propos ne soit corrigé plus tard.

Mais le coup est parti, l’UMP a dégainé mercredi matin une salve de communiqués rageurs. Nadine Morano a même demandé des «excuses publiques». La visite de deux entreprises innovantes dans la banlieue de Bordeaux, sur le thème de l’emploi, passe au second plan. Même s’il a tenté d’esquiver la polémique en refusant de réagir à chaud à sa descente de l’avion à Bordeaux, avec une heure de retard. Quand ça veut pas... 

«Nicolas Sarkozy mérite d'être condamné»

Face à ces turbulences de campagne, le candidat est resté «zen», assurent ses proches. «Il savait que ce n’était pas la réalité et que les choses seraient rétablies», explique Bruno Le Roux, même s’il a été «choqué par le niveau des réactions». François Hollande a répondu en deux temps. «La politique de Nicolas Sarkozy mérite d’être condamné. Pas besoin de s’en prendre à la personne, il suffit de juger les résultats», répond-il enfin aux journalistes dans les couloirs d’une entreprise de Mérignac.

Sa réplique solennelle, il l’a réservée au cadre officiel de la conférence de presse, diffusée en direct sur les chaînes d’info. Après avoir fustigé la «TVA sociale» de Nicolas Sarkozy, il conclut par cette perche tendue à l’assistance: «Je répondrai à une question.» Elle fuse, directe: «Sarkozy est-il un sale mec?» Le visage fermé, il rétorque: «Ça suffit! Je n’accepte pas la polémique incessante à partir de la manipulation de mes propos. Ce que j’ai à dire de Nicolas Sarkozy, je le dis devant les Français. Je ne suis pas dans la grossièreté, je laisse ça à d’autres.» Et de dénoncer «ce climat» délétère alimenté par l’UMP. Une façon de taper du poing sur la table qui ne trouvera probablement pas écho du côté du parti présidentiel, fier de sa «cellule riposte», rebaptisée «cellule des basses-œuvres» au PS.