«Sale mec»: «Cette histoire est fausse» répliquent les socialistes

POLÉMIQUE ans son édition de mercredi, «Le Parisien» écrit que le candidat PS aurait qualifié Nicolas Sarkozy de «sale mec»…

M. Go. avec Reuters

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Nadine Morano, le 25 novembre 2011, à l'Elysée.
Nadine Morano, le 25 novembre 2011, à l'Elysée. — F. DUFOUR / AFP

Depuis que Le Parisien a rapporté les propos de François Hollande qualifiant Nicolas Sarkozy de «sale mec», les dirigeants de l’UMP se déchaînent. «Quand un candidat à la présidence de la République n’a pas de fond, il se sert de l’injure comme alibi et instrumentalise les affaires. Tout est dit à travers cette injure», a déclaré Jean-François Copé, secrétaire général du parti majoritaire, lors de sa cérémonie des vœux, mercredi matin. Le candidat socialiste aurait tenu ces propos lors d’un déjeuner avec des journalistes en off, un moment où les échanges ne sont pas censés être rendus publics. Déjeuner au cours duquel Hollande aurait également décrit Nicolas Sarkozy comme un «président de l’échec».

Les socialistes répliquent

Au vu des réactions de l'UMP, les socialistes ont réagi en ramenant Nicolas Sarkozy à ses propos passés. «Cette histoire est fausse. François Hollande n'a pas pour habitude de pratiquer l'invective, a déclaré le député-maire PS de Cherbourg Bernard Cazeneuve sur France Inter. Très honnêtement, si François Hollande avait dit à Nicolas Sarkozy ‘Casse-toi pauvre con’, il aurait eu légitimement les raisons de s'en plaindre, parce que ce type de propos sont assez inconvenants et tout à fait incorrects et malséants.» En déplacement en Gironde en compagnie de leur candidat, des proches de Hollande ont confié à notre envoyée spéciale que cette polémique révèle «une grande fébrilité de la majorité».

«Ces propos n'ont pas été tenus comme cela, pas dans ce sens-là», a précisé sur BFM-TV Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande, affirmant que le candidat PS «imitait Nicolas Sarkozy se présentant face aux Français». Pour la porte-parole, la réaction du camp du président de la République est «une manipulation grossière» particulièrement mal venue «de la part d'un parti dont le président s'est caractérisé ces dernières années par une véritable vulgarité.»

Une nouvelle version du déjeuner

En fin des matinée mercredi, des journalistes présents au déjeuner ont infirmé la version du Parisien«Hollande n'a pas qualifié Sarkozy de "sale mec". J'y étais», écrit Sylvie Maligorne, chef du service politique de l'AFP sur son compte Twitter. Sur France Inter, le journaliste Thomas Legrand vient également de nuancer cette information, précisant que Hollande imitait Sarkozy. Et Le Parisien apporte à cette mini-polémique une version plus détaillée en écrivant la phrase in extenso du candidat socialiste. «Il (Sarkozy, ndlr) va se présenter devant les Français et leur dire: "Je suis un président en échec depuis cinq ans, je suis un sale mec, mais réélisez-moi parce que, dans cette période difficile, je suis le seul capable".» «Le candidat socialiste n’a donc pas officiellement traité le chef de l’Etat de "sale mec". Mais le choix de ce qualificatif pour appuyer son raisonnement en dit long sur l’estime qu’il porte à son adversaire», se justifie le quotidien. 

Les snipers de l'UMP avaient dégainé

Mais les snipers de l'UMP avaient déjà dégainé. A la sortie du Conseil des ministres, Nadine Morano a demandé des excuses publiques du candidat PS. Le maire de Nice, Christian Estrosi, avait plus tôt dénoncé dans un communiqué un «comportement indigne d’un candidat à la présidence de la République», évoquant une attitude «abjecte sur le plan personnel mais également dangereuse sur le plan politique car elle abaisse la fonction présidentielle».

Au milieu de cette nouvelle rafale de communiqués, celui de Valérie Rosso-Debord, députée de Meurthe-et-Moselle et déléguée générale adjointe del'UMP: «Quand on aspire aux plus hautes fonctions de l'Etat, la moindre des qualités est le sang-froid et la sérénité, monsieur Hollande vient de démontrer qu'il ne possédait aucune des deux!»