Le Parti socialiste pilonne le bilan de Sarkozy

Maud Pierron

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Le bilan de Nicolas Sarkozy résumé en 15 chiffres par le Parti socialiste.
Le bilan de Nicolas Sarkozy résumé en 15 chiffres par le Parti socialiste. — Capture d'écran du site de campagne de François Hollande

Les socialistes attaquent 2012 avec des fourmis dans les jambes. Avec l’envie de se colleter à Nicolas Sarkozy, probable candidat de l’UMP. Sauf qu’à l’inverse, le chef de l’Etat entend rester le plus longtemps possible dans son costume de président protecteur et se déclarer au plus tôt fin février. Afin de laisser François Hollande s’épuiser seul.  Mais pour Benoît Hamon, il n’y a pas de candidat virtuel. «On a un candidat UMP qui est en campagne et qui utilise les moyens de la République», a insisté le porte-parole du PS lundi matin.

Et alors que Nicolas Sarkozy va enchaîner les vœux et les déplacements en province tout le long du mois de janvier, le PS compter incarner le candidat Sarkozy en martelant son bilan, forcément négatif. Début de l’opération dès cette semaine, avec quelque huit millions de tracts qui commenceront à être distribué ce week-end dans toute la France par les militants.

Le bréviaire de l’antisarkosysme

Le thème? «Sarkozy, les 15 chiffres de l’échec».  «La dette publique, + 612 milliards d’euros d’augmentation en cinq ans», «le déficit commercial, + 36 milliards d’augmentation en cinq ans», «l’emploi industriel, - 750.000 emplois en dix ans de droite», énumère ce tract en forme de bréviaire de l’antisarkozysme.  Un rappel destiné à brosser le chef de l’Etat en «candidat de l’échec», afin qu’il «ne puisse plus s’abriter derrière la crise», explique David Assouline, secrétaire national à la communication du PS.  «Ce sont sa politique et ses choix qui sont largement responsables du creusement des inégalités», insiste-t-il.

Déjà, dans la matinée, Pierre Moscovici, le directeur de campagne, avait attaqué fort sur RTL. «S’il avait la dignité de sa fonction», Nicolas Sarkozy ne devrait pas se représenter. «Ce président de la République-candidat n’échappera pas à son bilan, à ses promesses, à ses mensonges, à ses échecs», a-t-il promis. Une attaque qui a fait bondir les «snipers» de l’UMP qui ont dégainé leur communiqué.

«A la remorque» de François Hollande

«Il faut beaucoup de prétention et de mépris pour les électeurs pour s’arroger le droit de décider qui doit ou non être candidat à l’élection présidentielle», a répondu la députée UMP Valérie Rosso-Debord. «Nicolas Sarkozy est au-dessus ces attaques de bas étage car il est tout entier mobilisé par la lutte contre la crise», assure-t-elle encore. Bruno Beschizza, un autre élu UMP, a parlé de «propos injurieux, diffamants et mensongers».  «A l’évidence, le candidat François Hollande n'a pas choisi le terrain des idées ou du projet pour contribuer au débat», tance-t-il. 

Le candidat socialiste répondra sur le terrain. A partir de mercredi, il entame une longue série de déplacements thématiques pour aller à la rencontre des Français et populariser ses idées. Pour coller au train médiatique du marathon des vœux présidentiels? Non, «c’est le contraire, c’est le président qui est à la remorque», jure Benoît Hamon.