Inscription sur les listes électorales: Affluence dans les mairies, mais sans plus

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A cinq jours de la clôture des inscriptions sur les listes électorales, ceux qui veulent voter aux élections présidentielle et législatives de 2012 sont nombreux à se rendre en mairie, mais on semble loin de la ruée d'avant la présidentielle de 2007.
A cinq jours de la clôture des inscriptions sur les listes électorales, ceux qui veulent voter aux élections présidentielle et législatives de 2012 sont nombreux à se rendre en mairie, mais on semble loin de la ruée d'avant la présidentielle de 2007. — Thomas Coex afp.com

A cinq jours de la clôture des inscriptions sur les listes électorales, ceux qui veulent voter aux élections présidentielle et législatives de 2012 sont nombreux à se rendre en mairie, mais on semble loin de la ruée d'avant la présidentielle de 2007.

Dans la dernière ligne droite, des responsables politiques, de droite et de gauche, ont lancé une polémique sur l'absence de campagne gouvernementale digne de ce nom, selon eux, pour inciter les Français à s'inscrire d'ici samedi, dernier jour de l'année. Ce dont se défend le ministère de l'Intérieur.

Possibilité de s'inscrire en ligne

Toutes les mairies ne seront pas forcément ouvertes samedi, mais le ministère de l'Intérieur les a invitées à assurer une permanence d'au moins deux heures ce jour-là. Le site internet mon.service-public.fr offre la possibilité de s'inscrire en ligne, à condition de fournir des justificatifs numérisés et que la commune de résidence se soit associée à l'opération.

>> Tous les renseignements pour savoir comment s'inscrire sur les listes électorales, c'est par ici

Environ 6% seulement des Français concernés ne figurent sur aucune liste, selon le chercheur en sciences politiques Jean-Yves Dormagen. Mais ce taux très bas, nuance l'universitaire cité par le quotidien Libération, «masque un phénomène tout à fait déterminant: la "mal-inscription"», qui concerne ceux qui ne se sont pas réinscrits après leur dernier déménagement. De ce fait, «plus du tiers des Français ne sont pas en situation de voter au bureau de leur quartier de résidence», estime Jean-Yves Dormagen.

Pas de précipitation à Lyon, Toulouse ou Rennes

Selon l'Insee, cet automne, «le nombre d'inscriptions sera vraisemblablement deux à trois fois plus important (qu'en 2010) et pourrait atteindre cinq millions», y compris les réinscriptions consécutives à un changement de domicile. Pour le moment, on ne se bouscule pas aux guichets, mais la situation varie d'une grande métropole à l'autre.

La mairie de Lyon ne signale «aucune affluence notable dans les mairies d'arrondissement». A Toulouse, les services municipaux ont observé une forte demande tout au long de l'année, mais enregistré un recul par rapport à 2006 ces deux derniers mois, sans pouvoir l'expliquer. Il manque encore 8.000 inscriptions à Rennes pour rééditer la performance de 2006.

«Moins d'engouement qu'en 2007»

Dans le 15e arrondissement de Paris, le maire (UMP) Philippe Goujon fait état de «5 à 600 inscriptions» quotidiennes ces jours derniers, contre 1.000 à la même période en 2006. «C'est peut-être, risque-t-il, une élection présidentielle qui suscite moins d'engouement qu'en 2007», scrutin qui mettait aux prises deux personnalités candidates à l'Elysée pour la première fois, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

Bordeaux, par contre, enregistre une recrudescence des inscriptions comparables à 2006, avec 600 nouveaux inscrits pour la seule journée de lundi. La ville s'attend à un pic de fréquentation de jeudi à samedi, avec 1.000 personnes par jour. Lille en attend plusieurs milliers d'ici le 31 décembre.

Le gouvernement n'a pas fait ce qu'il devait pour inciter à l'inscription

Pour plusieurs responsables politiques, le gouvernement n'a pas fait ce qu'il devait pour inciter à l'inscription. Candidat à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan s'est déclaré lundi «scandalisé». Proche de François Hollande, le député-maire PS d'Evry Manuel Valls a lui aussi parlé de «scandale». Roger-Gérard Schwartzenberg (PRG) se demande s'il ne s'agit pas d'écarter «des catégories socio-démographiques souvent susceptibles de voter à gauche».

«Faux», réplique le ministère de l'Intérieur, qui a fait diffuser affiches et dépliants auprès des 1.500 plus grandes communes en partenariat avec l'association Civisme et Démocratie. Selon son porte-parole Pierre-Henry Brandet, «l'effort est beaucoup plus important qu'en 2006» et représente un budget de 181.000 euros, contre 31.000 il y a cinq ans, dont plus de 80% pour la campagne sur l'Internet.