Triple A: Le revirement médiatique du gouvernement

DETTE La perte de la note française serait imminente, selon les experts...

Gilles Wallon

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Nicolas Sarkozy au sommet européen de Bruxelles le 9 décembre 2011
Nicolas Sarkozy au sommet européen de Bruxelles le 9 décembre 2011 — E. FEFERBERG / AFP

Le discours a changé. Depuis trois jours, Nicolas Sarkozy et le gouvernement enchaînent déclarations et interviews pour préparer l’opinion à la perte de la note Triple A de la France, que les experts annoncent imminente. Il y a encore quelques semaines, les ministres et les proches du Chef de l’Etat répétaient pourtant qu’il était capital de conserver la note maximale accordée par les agences de notation, et que les deux plans de rigueur annoncés en août et novembre étaient des efforts en ce sens.

20Minutes fait l'inventaire de ces déclarations:

 23 août: «Le AAA de la France est un trésor national.» Alain Minc, essayiste et proche de Nicolas Sarkozy (Le Figaro)

18 octobre: «Nous serons là pour conserver ce triple A. C'est une condition nécessaire pour protéger notre modèle social... Nous mettrons tout en oeuvre pour ne pas être dégradés» François Baroin, ministre des Finances (France 2)

 

5 novembre: Le triple A « est un atout que nous devons préserver à tout prix.(…) C’est le résultat du travail des Français.» François Fillon, devant l’Assemblée générale des maires.

6 décembre: «Si on perd le triple A, je suis mort.» Nicolas Sarkozy à des proches.

11 décembre: La perte du triple A «nous rendra les choses plus compliquées, (…) ça ne sera pas positif mais ça ne nous fera pas changer de cap». Valérie Pécresse, ministre du Budget.

11 décembre: «Les messages des agences sont des messages parmi d'autres. Ce sont des indicateurs. (...) Ce n'est pas la grenouille du matin qui donne la météo», François Baroin.

12 décembre: La perte du triple A «serait une difficulté de plus, mais pas insurmontable.» Nicolas Sarkozy.

14 décembre: La perte du triple A «ne serait pas un cataclysme»Alain Juppé, Ministre des Affaires étrangères

15 décembre: «Il est probable que nous ayons encore a affronter des secousses. (…) Ce qui importe, ce n'est pas le jugement d'un jour, c'est la trajectoire (…) rigoureuse que l'Europe et la France ont decidé d'adopter», François Fillon