François Bayrou, un homme habité par sa destinée

PRESIDENTIELLE François Bayrou deviendra officiellement ce mercredi après-midi candidat à la présidentielle...

Lucie Romano
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Bayrou se présente pour la troisième fois à la présidentielle, comme Mitterrand ou Chirac avant lui.
Bayrou se présente pour la troisième fois à la présidentielle, comme Mitterrand ou Chirac avant lui. — CHAMUSSY / SIPA

«Je devais avoir 17 ans, lui 21. C'était la première fois que je le voyais. Il m'a dit qu'il avait besoin d'un coup de main. Je pensais qu'il était tombé en panne. En fait, il m'a dit: “Je serai président de la République, j'ai besoin de toi”.» Cette anecdote racontée par le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle montre à quel point François Bayrou voit de longue date pour lui une destinée toute tracée.

Les deux amis échangent depuis quarante ans dans leur langue, le béarnais. Et régulièrement, le candidat du MoDem confie à Jean Lassalle cette même conviction: «Il est habité par cette certitude tranquille qu'il est “choisi”. Il a une confiance totale en lui», explique le député. Même dans les périodes les plus difficiles, il croit en son heure. «Je suis le seul...», pense-t-il. Le seul à pouvoir succéder à Nicolas Sarkozy, le seul à transcender les clivages partisans. Seul, délaissé de presque tous, parfois, comme lorsque la plupart de ses soutiens ont rejoint Nicolas Sarkozy en 2007. Seul, mais «jamais abattu».

«Habité» ou «illuminé»

L'homme est «habité», selon ses lieutenants. «Illuminé», pour ses détracteurs. Dominique Paillé, ancien proche, aujourd'hui rallié à Jean-Louis Borloo, ne mâche pas ses mots. «C'est une sorte de mystique, lâche-t-il. Il est persuadé depuis tout petit qu'il a un rôle messianique à jouer. Il a cette phrase permanente que sa destinée est écrite.»

«Touché par la Vierge», «obsédé par la présidentielle», ont aussi commenté des personnalités aussi différentes que Simone Veil ou Daniel Cohn-Bendit. L'homme est ouvertement croyant, mais sa conviction profonde est d'abord laïque, défendent ses proches. Elle est celle «que le pays a besoin de lui, qu'il est l'homme de la situation», décrypte Jean-François Kahn, soutien du candidat. D'autres y ont cru pour lui. François Mitterrand en son temps n'avait-il pas lancé cette énigmatique sentence: «Il sera président»?