Convention UMP: Des efforts et des mesures protectionnistes pour sauver la France... et l'Europe

POLITIQUE Changer les institutions européennes et renforcer le partenariat avec l'Allemagne étaient au menu de la troisième et dernière convention de synthèse de l'UMP...

Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-François Copé a pris la parole lors de la convention UMP qui s'est tenue à Lambersart (Nord) le 22 novembre 2011.
Jean-François Copé a pris la parole lors de la convention UMP qui s'est tenue à Lambersart (Nord) le 22 novembre 2011. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

En temps de crise, «personne d’autre n’est capable, dans les autres partis, de fournir une doctrine au service des Français», lance Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, lors de la troisième et dernière convention du parti présidentiel «de l’ambition», organisée dans la salle Equinoxe, à Paris. Et la doctrine de l’UMP, ce mardi soir - alors que la crise de la zone euro bat son plein - consacre la réforme des institutions européennes et le renforcement du partenariat franco-allemand.

La convention, qui rassemble quelque centaines de militants, -et pas mal de chaises vides-, accueille plusieurs ministres et une «star». La ministre allemande du Travail et des Affaires sociales, la conservatrice (CDU) Ursula Von der Leyen a fait le trajet depuis l’Outre-Rhin pour appuyer la stratégie franco-allemande des dirigeants Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.

Taxe réciprocité aux frontières de l'Europe

S’exprimant dans un français parfait, la ministre rappelle qu’«il est de notre devoir de ne pas gâcher le projet européen», et que «durant cette crise, nous devons nous renouveler sans cesse». La cantate de la lune de miel est alimentée par le germanophile ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, qui note, vibrant, qu’avec l’Allemagne, «ce n’est pas un mariage de raison, mais un mariage de cœur».

Face à la crise et «aux méfaits de la mondialisation», l’UMP propose d’«affermir» «la préférence communautaire» de la politique agricole commune (PAC) et instaurer, aux frontières européennes, une «taxe réciprocité» sur les produits entrant sur le marché européen.

Renforcer le partenariat avec l'Allemagne

Le but de cette taxe est de «corriger les phénomènes de concurrence déloyale de la part de pays n’ayant pas les mêmes normes sociales, environnementales, mais également économiques (contrôle des aides d’Etat…) que l’Europe», selon un document du parti. Une réciprocité qui est, aux yeux de la déléguée générale adjointe de l’UMP Valérie Rosso-Debord, «juste une équité qui est demandée».

Sur la base d’une «fiscalité modulée», cette taxe intégrerait notamment une «taxe carbone», et s’appuierait sur des normes de l'Organisation internationale du travail, de la Convention sur la diversité biologique, ou encore du Protocole de Kyoto.

Réformer pour protéger les intérêts français

L’UMP propose en outre un «gouvernement économique de l’euro», en plus d’un «Parlement de la zone euro» afin de créer «un plus et un mieux d’Europe», indique Jean Leonetti, ministre chargé des Affaires européennes.

Concluant la soirée, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé n’a pas hésité à tacler les socialistes. «Il faut être quand même français pour inventer ce concept extraordinaire de la démondialisation», a lancé le ministre à l’intention d’Arnaud Montebourg, avant d’attaquer les propositions PS sur les retraites et la réforme du modèle social.

Mais si la crise est grave, le ministre a néanmoins balayé quelques perspectives d’espoirs: «Nos atouts sont immenses», avance-t-il, grâce à «démographie» française pétulante, «la capacité d’innovation et d’entreprises intactes », «le crédit impôt-recherche», mais aussi grâce à «la qualité de notre jeunesse».