L'accès à Internet: au coeur des programmes numériques des partis politiques

PRESIDENTIELLE A l'occasion du premier Personal Democracy Forum en France, les représentants en charge du numérique des principaux camps politiques se sont penchés sur l'épineuse question de la neutralité du Net et l’accès au haut débit pour tous…

Bertrand de Volontat

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Forum Personal Democracy France 2011, 6 décembre, Paris
Forum Personal Democracy France 2011, 6 décembre, Paris — Bertrand de Volontat/20 minutes

Entre l’inauguration des nouveaux locaux de Google en France et le Web’11 de mercredi, il s’agissait avec ce forum d’une semaine du numérique très riche pour l’Hexagone.

Le numérique aux Français

La question «quel numérique en France après 2012», posée en débat, prouve qu’un «Printemps du numérique», pour reprendre l’expression de Christian Paul, député socialiste, est déjà attendu pour l’an prochain. Un avant et un après qui se prépare dès aujourd’hui.

Des questions essentielles qui devraient être portées aux yeux de tous à travers les programmes électoraux, le numérique étant l’une des attentes majeures des Français. Ce sujet doit être pensé autour de principes fondamentaux: comment la société française devient-elle une société créative et qui va maîtriser le numérique?

Christian Paul affirme que «les utilisateurs doivent en conserver le contrôle» avant de consacrer le point essentiel de son intervention: la neutralité du net, à propos de laquelle il propose même une loi pour éviter la constitution de nouveaux monopoles. Il s’agit d’une «condition de la liberté maîtrisée par tous», explique Christian Paul, qui propose une réforme de la Cnil en commission nationale des libertés numériques.

Pas un ‘enjeu parisien’

Bien qu’il faille une «volonté politique» pour avancer, «ce n’est pas l’Etat qui doit décider» mais bien la société, poursuit le député. Tout comme sa collègue UMP, Laure de la Raudière, le député socialiste rappelle par ailleurs qu’une vision européenne du numérique est capitale pour lutter contre les géants américains.

La question du numérique pour tous est aussi celle de l’accès par les collectivités locales et les Français équipés d’un faible débit (de 512 Ko à quelques mégaoctets). Cela ne doit pas être un enjeu numérique parisien. Un «gros opérateur national doit venir en aide aux collectivités», l’enveloppe (25 millions d’euros restant) du fonds national de revitalisation du territoire prend fin en 2013. Il faudra après cela un appui de plusieurs milliards de la part du privé.

Les réformes seront également tournées vers l’open-data, la e-santé et la e-education, le numérique devant être «un levier de lutte contre l’échec scolaire», conclut Laure de la Raudière.