Convention UMP: La majorité ne veut que les effets positifs de la mondialisation

POLITIQUE Le parti de la majorité présidentielle tient sa troisième et dernière convention, consacrée à la France dans le monde...

Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-François Copé a pris la parole lors de la convention UMP qui s'est tenue à Lambersart (Nord) le 22 novembre 2011.
Jean-François Copé a pris la parole lors de la convention UMP qui s'est tenue à Lambersart (Nord) le 22 novembre 2011. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

«La France qui gagne». Tel est le credo de l’UMP qui tient, ce mardi soir à Paris, sa troisième et dernière convention nationale, destinée à présenter l’ultime volet de son projet pour l’élection présidentielle de 2012: après la compétitivité puis la sécurité, place à «l’esprit d’audace et de conquête» en Europe et dans le monde. Plusieurs ministres, dont Alain Juppé (Affaires étrangères) et Gérard Longuet (Défense) sont attendus à la salle Equinoxe, dans le 15e arrondissement de la capitale.

Si le parti affirme son intérêt mondialiste, comparant la mondialisation à l’ouverture «de perspectives nouvelles» pour l’homme, les limites de celle-ci sont soulignées, car «la mondialisation porte aussi en elle des fissures, des effets pervers et mêmes d’authentiques dangers», selon un document du parti adressé à la presse.
 

Ambivalence de la mondialisation

L’UMP semble ainsi très attachée à protéger le pays des échanges internationaux «aux effets pervers», en proposant de réformer une partie des institutions européennes, «surtout dans ses dogmes et ses politiques».
 
Le parti présidentiel souhaite notamment «que l’Union européenne n’ait plus un a priori négatif vis-à-vis des aides d’Etat», une litote pour affirmer un plus grand protectionnisme, tout comme la volonté d’«affermir» «la préférence communautaire» de la politique agricole commune (PAC), une politique dont bénéficie très largement la France par rapport aux autres pays européens.
 
Dans la même veine, l’UMP souhaite instaurer, aux frontières européennes, une «taxe réciprocité» sur les produits entrant sur le marché européen, «afin de corriger les phénomènes de concurrence déloyale de la part de pays n’ayant pas les mêmes normes sociales, environnementales, mais également économiques (contrôle des aides d’Etat…) que l’Europe».
 

Un «gouvernement économique de l’euro»

Inspirée d’une «fiscalité modulée», cette taxe intégrerait notamment la «taxe carbone» -retoquée en France- et s’appuierait sur des normes de l'Organisation internationale du travail, de la Convention sur la diversité biologique, ou encore du Protocole de Kyoto.
 
Alors que la zone euro vient d’être placée sous surveillance négative par l’agence de notation S&P et que les rencontres entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy s’enchaînent, l’UMP propose un «gouvernement économique de l’euro», en plus d’une «assemblée parlementaire de la zone euro regroupant des députés européens de la zone euro et des représentants des Parlements des Etats de la zone euro». Les objectifs restent ici indéfinis.
 

Promotion des entreprises françaises à l'export

Le projet de l’UMP reprend plusieurs thèmes promus récemment par le président de la République. Concernant «la règle d’or», sur laquelle s'écharpent depuis l'été majorité et socialistes, l’UMP en remet une couche, proposant «que l’ensemble des Etats membres de la zone euro (la) mettent en place d’ici à fin 2012, de préférence de niveau constitutionnel».
 
Le projet tacle au passage les socialistes et EELV, embourbés il y a quelques jours dans une polémique sur une réforme de l’ONU. L’UMP réaffirme ici qu’il est «hors de question de fragiliser la voix de la France dans le monde en remettant en cause sa place de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies et son droit de veto.»
 
Tout au long des quatorze pages du projet UMP concernant la place de la France dans le monde, la protection dans les échanges internationaux est largement appuyée. Et comme il n’y a jamais de petits profits, le parti «veiller(a) à ce que l’aide publique au développement dans les pays émergents puisse avoir des retombées positives pour les entreprises françaises présentes à l’international».