Sarkozy accusé de financer sa campagne avec l'argent de l'Etat

PRÉSIDENTIELLE e Parti socialiste a saisi la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques au sujet des déplacements en province du Président...

Avec Reuters

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Nicolas Sarkozy commémore l'armistice de la guerre de 1914-1918, le 11 novembre 2011, au pied de l'Arc de Triomphe.
Nicolas Sarkozy commémore l'armistice de la guerre de 1914-1918, le 11 novembre 2011, au pied de l'Arc de Triomphe. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

«Nicolas Sarkozy utilise les moyens de l'Etat à des fins de campagne électorale.» Benoît Hamon a dégainé le premier, mais c’est bien le Parti socialiste lui-même qui a saisi ce mercredi la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) sur le coût des déplacements de Nicolas Sarkozy. Ceux-ci, selon le PS, relèvent en effet d'une campagne électorale et non de l’exercice de la fonction présidentielle.

Les socialistes accusent le chef de l'Etat de se servir de ses visites en province, aux frais de l'Etat, pour préparer l'élection présidentielle de 2012. Les déplacements du président sortant, qui n'a pas encore fait acte de candidature pour un second quinquennat, «relèvent d'actes de propagande», écrivent les députés PS Pascal Terrasse et Daniel Vaillant dans une lettre au président du CNCCFP, François Logerot.

Des frais pas intégrés aux comptes de campagne

«Nous estimons que la démarche de Nicolas Sarkozy ne relève pas de ses fonctions de président de la République mais de celles de candidat à sa propre succession», accusent les deux parlementaires. «Le président de la République se sert de l'argent des contribuables pour financer sa stratégie de communication». Le PS prend pour exemple le déplacement de vendredi dernier au Triscastin, dans la Drôme, où le Président «a utilisé la tribune qui lui était offerte pour attaquer l'un de ses adversaires sur ses propositions relatives à la politique énergétique de la France».

«Les frais engagés lors de ce déplacement qui s'inscrit dans le cadre de la campagne présidentielle n'ont pas été intégrés aux comptes de campagne de Nicolas Sarkozy», notent Daniel Vaillant et Pascal Terrasse. Les deux hommes demandent à la commission de «déterminer s'il est légitime que les frais engagés par le président de la République lors de déplacements qui relèvent d'actes de propagande soient assumés par le contribuable, et s'ils doivent ou non entrer dans le cadre des comptes de campagne».