Immigration et délinquance: Le projet présidentiel de l'UMP chasse sur les terres du FN

POLITIQUE L'UMP organise une convention de synthèse consacrée aux thèmes de la justice, l'éducation, l'immigration et la laïcité...

Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-François Copé a pris la parole lors de la convention UMP qui s'est tenue à Lambersart (Nord) le 22 novembre 2011.
Jean-François Copé a pris la parole lors de la convention UMP qui s'est tenue à Lambersart (Nord) le 22 novembre 2011. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Convention UMP, acte 2. L’UMP organise ce mardi soir une convention à Villeurbanne (Rhône) consacrée aux thèmes de l’éducation, de la justice, de l’immigration et de la laïcité, baptisée «rendez-vous du rassemblement».

L’état-major du parti et plusieurs ministres viendront y afficher les propositions alimentant le programme du candidat de la droite pour l’élection présidentielle de 2012 après le premier volet économique et social dévoilé il y a une semaine à Lambersart (Nord).

Curseur à droite

Un programme clairement marqué à droite. Depuis plusieurs mois en effet, le gouvernement opère une certaine radicalisation en matière de répression et d’immigration. Chasse aux voix tentées par le Front national, reconquête des classes populaires… La stratégie du président de la République vise à marquer sa politique, appuyant ici le lobby exercé par le mouvement de la Droite populaire au sein de l’UMP.

A six mois de l’élection présidentielle, l’UMP établit, point par point, son programme sous la houlette de Bruno Le Maire, chargé du projet, et du secrétaire général Jean-François Copé. Elaboré, dès l’origine, pour rassembler toutes les sensibilités du parti de la majorité, il n’en effectue pas moins un mouvement de balancier à la droite du parti sur les thèmes de la justice et de l’immigration.

 Durcissement de la législation

 Alors que le socialiste François Hollande fait des appels du pied au centriste François Bayrou, Nicolas Sarkozy croit, au contraire, qu’il lui faut souligner les différences de fond avec la gauche et investir les thèmes de prédilection de l’extrême droite. Le droit de vote des étrangers mais aussi les 35 heures ont ainsi été largement dynamitées par l’UMP ces dernières semaines.

 Le projet de synthèse du parti de la majorité, élaboré par le ministre Bruno Le Maire et présenté ce mardi soir, s’inscrit dans cette logique. Deux thèmes font ici mesure d’exemple. Alors que les faits divers concernant des mineurs ont récemment défrayé la chronique – meurtre d’Agnès – le projet de l’UMP entend réprimer plus tôt les jeunes adolescents délinquants.

 Le parti propose donc la création d’un code pénal «spécifique» pour les mineurs et de sanctionner les jeunes délinquants dès l'âge de 12 ans, contre 13 ans actuellement. Ces sanctions prendraient la forme de «travaux de réparation», conditionnés à l'accord des parents. Le but: «adapter la justice des mineurs aux nouveaux phénomènes de délinquance et lutter contre le sentiment d’impunité», révèle un document de synthèse d’une dizaine de pages.

 Dans la même veine, l’UMP souhaite supprimer les réductions de peines de prison automatiques, et interdire les libérations automatiques à la moitié de la durée de la peine infligée. Une libération conditionnelle ne pourrait désormais intervenir que si les deux tiers de cette peine ont été purgés. Les deux mesures sont peu ou prou les mêmes proposées du côté du Front national, tout comme l’augmentation des places de prison.

 Réduction de l’immigration

 Sur l’immigration, l’UMP poursuit la politique menée actuellement par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, qui a tout récemment déclaré qu’il y a «trop d’étrangers en France»: réforme du droit d’asile, restrictions concernant le regroupement et le rapprochement familial, élargissement de la politique de reconduite aux frontières, tout comme le conditionnement de l’aide aux pays pauvres sur leurs efforts fournis pour combattre et rapatrier l’immigration clandestine.

Ainsi, le projet UMP estime que «pour que les décisions de reconduites à la frontière soient davantage exécutées, nous proposons de renforcer les capacités des centres de rétention administrative et de conditionner le nombre de visas délivrés et l’aide au développement pour les pays d’origine, en fonction de leur coopération pour le retour de leurs ressortissants immigrés illégaux».