François Hollande a assuré lundi sur BFMTV-RMC que s'il était à l'Elysée, le droit de veto de la France à l'ONU ne serait pas remis en cause.
François Hollande a assuré lundi sur BFMTV-RMC que s'il était à l'Elysée, le droit de veto de la France à l'ONU ne serait pas remis en cause. — Fred Dufour afp.com

POLITIQUE

Nucléaire, ONU, Afghanistan: François Hollande expose ses vues en cas de victoire à la présidentielle

Le candidat évoquait ce lundi matin ses positions sur la diplomatie et l'industrie nucléaire...

François Hollande, candidat socialiste à l'élection présidentielle, a balayé, ce lundi matin sur BFMTV-RMC, les sujets concernant la diplomatie, l'industrie nucléaire ou encore la consommation française.

En cas de victoire, le député de Corrèze a affirmé que le droit de veto de la France à l'ONU ne serait pas remis en cause. "Tant que je serai dans la situation d'exercer la responsabilité de mon pays, si les Français me la confient, il n'y aura pas de remise en cause du droit de veto, de remise en cause unilatérale du droit de veto". Il a néanmoins ajouté que "les Nations unies doivent évoluer, il y a une réflexion qui peut être engagée, une gouvernance mondiale».

Polémique avec les EELV sur l'ONU

Une polémique avait été lancée sur un paragraphe de l'accord conclu entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts. Dans ce texte, qui fixe une liste d'action en cas de victoire de la gauche à l'Elysée, «la France fera des propositions précises pour réformer et démocratiser l'ONU afin qu'elle structure un ordre juridique et normatif global: siège européen, suppression du droit de veto, meilleure représentativité des pays du Sud au sein du Conseil de sécurité, renforcement du rôle des ONG».

François Hollande s'est en outre prononcé pour un retrait complet des troupes françaises d'Afghanistan "fin 2012-début 2013". La France compte environ 3.800 soldats sur le sol afghan, où elle est présente depuis 2001 aux côtés de ses alliés, notamment américains. Soixante-seize militaires français y ont trouvé la mort.

Retrait plus rapide que prévu en Afghanistan

L'actuelle majorité a programmé un retrait complet d'ici 2014, dans le sillage des Etats-Unis qui comptent rapatrier un tiers de leurs 100.000 hommes d'ici la fin de l'été prochain. L'actuel ministre de la Défense, Gérard Longuet, a jugé irréaliste l'accélération voulue par les socialistes.

Concernant l'industrie nucléaire, le candidat à l'Elysée a estimé devait "continuer à produire". "Je ne suis pas pour la sortie du nucléaire", a réaffirmé le député de Corrèze, expliquant: "Nous avons des centrales, nous avons là une industrie, elle doit continuer à produire".

"Je suis pour le nucléaire de nouvelle génération", a-t-il relevé en citant l'EPR de Flamanville, dont le chantier sera "poursuivi, même s'il n'a pas forcément été bien conçu". "Mais il n'y aura pas d'autres centrales nucléaires qui seront installées durant le prochain quinquennat", a-t-il promis.

Favoriser la consommation

Le candidat a été la cible de nombreuses attaques de la part notamment de l'UMP mais aussi du président Sarkozy sur le volet nucléaire de l'accord PS-EELV qui prévoit d'abaisser de 75 à 50% la part de l'électricité d'origine nucléaire dans le mix énergétique français à l'horizon 2025.

Sur la TVA, François Hollande a estimé que "la fiscalité sera modifiée pour que les PME puissent être encouragées à l’investissement. Le coût du travail, au sens du coût du prélèvement sur le travail, sera baissé. Mais il y aura une contrepartie. Ce ne sera pas la TVA. Je pense que la TVA, telle qu’elle est annoncée comme une forme de protection des Français, est en fait une forme d’affaiblissement de leur consommation. Cela veut dire que nous prendrons tous les autres impôts. Cette réforme fiscale, c’est la condition à la fois de la justice et de la compétitivité".

Quant à la lutte contre le chômage, François Hollande souhaite "travailler davantage, plus nombreux". Le ministre de l'Emploi, Xavier Bertrand, avait déclaré dimanche que le taux de chômage, dont les chiffres sont attendus ce lundi après-midi, avait encore augmenté en octobre et que les perspectives étaient mauvaises.

Aux yeux du candidat, la réponse est dans la production. "Il faut être plus forts et donc pour être plus forts, il faut produire, la production française - industrielle, agricole, de services", a notamment déclaré le député de Corrèze.