André Vallini: «Un an pour tout remettre à plat»

INTERVIEW Chargé de la justice au PS, le sénateur de l'Isère entend occuper le terrain de la sécurité face à l'UMP, contrairement aux deux dernières campagnes présidentielles...

Recueilli par Vincent Vantighem
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Selon André Vallini, « généraliser les centres éducatifs fermés ne suffit pas ».
Selon André Vallini, « généraliser les centres éducatifs fermés ne suffit pas ». — F. DUPUY / SIPA

Il reconnaît que le PS a été inaudible sur les questions de sécurité en 2002 et 2007. Mais André Vallini l'assure: «Pour 2012, le gouvernement va trouver à qui parler!» Chargé des questions de justice dans l'équipe de François Hollande, il détaille ses premières propositions après le drame du Chambon-sur-Lignon.

Le drame du Chambon a-t-il été instrumentalisé par l'exécutif?

Je trouve que le pouvoir a fait preuve de retenue. Nicolas Sarkozy n'a pas fait « sa » déclaration. Attendons. Cela va peut-être venir. Seul Claude Guéant a dépassé les bornes.

C'est-à-dire…

En expliquant au journal télévisé que la délinquance serait traitée après 2012, il laisse entendre que l'UMP en fera un thème de campagne. C'est couru d'avance. Contrairement à 2002 et 2007, ils vont trouver à qui parler, cette fois-ci.

Que pensez-vous des mesures qui ont été annoncées par ailleurs?

Elles ne sont pas choquantes. Les centres éducatifs fermés (CEF) offrent de bons résultats. Même s'ils ne sont pas la panacée pour les mineurs délinquants. Mais généraliser les CEF ne suffit pas. Il faut une panoplie de mesures pour lutter contre la récidive. Le gouvernement fonctionne uniquement par effets d'annonce.

Justement, comment jugez-vous le bilan de la droite sur le sujet?

Le problème, c'est que Nicolas Sarkozy a empilé les lois depuis 2002. Et derrière, tout n'est pas mis en œuvre. C'est regrettable parce qu'en plus, tout n'est pas mauvais…

Quelle sera la priorité de François Hollande en matière de justice?

Ce sera la justice ordinaire, celle de tous les citoyens. S'occuper des litiges civils, commerciaux, prud'homaux plus que des problèmes pénaux.

Vous ne proposez rien sur le pénal?

Aucune des réformes «Justice» de Nicolas Sarkozy ne sera abrogée dans l'urgence. Je prévois une année pour analyser et remettre à plat avec l'aide des magistrats.

Ces derniers critiquent souvent le manque de moyens…

Notre priorité ne sera pas de construire des prisons, mais de remettre à flot le budget. Cela prendra sans doute deux législatures, soit dix ans.

Un projet de loi présenté ce mercredi

80.000 places de prison en 2017, 120 postes de magistrats chargés de l'application des peines supplémentaires et 250 postes d'éducateurs pour les mineurs délinquants. Michel Mercier présente ce mercredi matin un projet de loi où il s'attaque notamment aux 85.000 peines en attente d'exécution.