Présidentielle: L'UMP avance ses idées mais veut rester prudente

REPORTAGE L'UMP dévoilait son programme économique et social pour le projet présidentiel de 2012 mardi soir...

Anne-Laëtitia Béraud

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«La politique est une bataille où l'on prend des risques», a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet sur la scène de la convention UMP de Lambersart (Nord), le 22 novembre 2011.
«La politique est une bataille où l'on prend des risques», a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet sur la scène de la convention UMP de Lambersart (Nord), le 22 novembre 2011. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

De notre envoyée spéciale à Lambersart,

Le «courage» était à l’honneur, ce mardi soir à Lambersart, dans le Nord. L’UMP organisait dans cette petite commune, dont Marc-Philippe Daubresse -secrétaire général adjoint de l’UMP- est le maire, la première convention nationale de présentation du projet du parti présidentiel pour l’élection de 2012. Les questions économiques et sociales étaient abordées dans la salle de sport, transformée pour l’occasion en plateau télévisé, devant environ 800 militants.

 «La convention de ce soir est un aboutissement synthétique des 30 conventions que nous avons jusqu’ici organisées, c’est un point de départ», explique à 20 Minutes Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l’UMP. Et à propos de courage, les intervenants, dont une brochette de ministres et l’état-major de l’UMP, font appel à Winston Churchill ou encore au général de Gaulle.

TVA sociale abandonnée

Mais l’UMP veut rester prudente sur plusieurs de ses propositions. A propos des 35 heures, mesure hautement politique - «une connerie de Martine Aubry» selon Marc-Philippe Daubresse- l’UMP n’appelle pas à la suppression, nette et précise, de la durée légale du temps de travail, même si l’option était appuyée par l’aile libérale du parti avec Hervé Novelli.

L’idée est donc de «sortir des 35 heures», en incitant «les partenaires sociaux à ouvrir des négociations au niveau des branches ou, à défaut, des entreprises, sur le temps de travail dès 2012» et en «modulant les exonérations de charges en fonction de l’avancée des négociations».

Mesurer les risques de l'impopularité

Deuxième cas de prudence de la part de l’UMP: l’abandon de l’idée d’une «TVA sociale, rebaptisée «TVA délocalisation», qui était très contestée au sein du parti. L’idée était de baisser les charges salariales contre une hausse de la TVA, payée par tous les consommateurs.

L’option a été abandonnée au profit d’une «fiscalité anti-délocalisation» mise en place grâce à un «équilibre de différents outils fiscaux», qui pourrait inclure notamment une hausse de la CSG, et de nouveaux impôts sur les sociétés ou sur l’écologie. De nouveaux arbitrages ainsi qu’un chiffrage des propositions sont attendus pour la mi-décembre, a expliqué Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture et chargé de définir le projet présidentiel à l’UMP.

«Le courage est une vertu guerrière», a déclaré, dans son discours de clôture, Nathalie Kosciusko-Morizet, avant d’ajouter que «la politique est une bataille où l’on prend des risques».