Parrainages: Marine Le Pen a écrit à Fillon pour demander l'anonymat des élus

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La présidente du Front national, Marine Le Pen, a annoncé mardi avoir écrit à François Fillon pour lui demander l'anonymat des élus qui parrainent un candidat à la présidentielle, lors d'un point-presse au Salon des maires, où elle n'a pas effectué de visite.
La présidente du Front national, Marine Le Pen, a annoncé mardi avoir écrit à François Fillon pour lui demander l'anonymat des élus qui parrainent un candidat à la présidentielle, lors d'un point-presse au Salon des maires, où elle n'a pas effectué de visite. — Martin Bureau afp.com

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a annoncé ce mardi avoir écrit à François Fillon pour lui demander l'anonymat des élus qui parrainent un candidat à la présidentielle, lors d'un point-presse au Salon des maires, où elle n'a pas effectué de visite.

«Si le Premier ministre s'y refuse, il prendra la responsabilité des conséquences de ce refus», «aux yeux de la France» et «aux yeux du monde», a déclaré la candidate à la présidentielle. Réfutant tout «bluff» ou toute tentative de «buzz» -«j'ai autre chose à faire»- Marine Le Pen s'est également refusée à communiquer un chiffre sur les promesses de parrainage qu'elle a déjà recueillies, estimant que «cet élément n'a pas grand sens», puisqu'il ne s'agit que «de promesses».

Un «déni de démocratie»

Le FN a toujours dénoncé la règle «antidémocratique» de la publicité des parrainages, un obstacle que Jean-Marie Le Pen a néanmoins toujours franchi depuis 1974, excepté en 1981. Le parti d'extrême droite n'exclut pas, en cas de réponse négative ou de silence de François Fillon, d'essayer de porter l'affaire devant le Conseil d'Etat puis de déposer une question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

Dénonçant un «déni de démocratie», Marine Le Pen a demandé s'il «(était) normal qu'un grand candidat» qui recueille entre 16 et 19% des intentions de vote, à la 3e place, «soit obligé de mener cette bataille homérique». Elle a aussi rappelé que Nicolas Sarkozy avait demandé à François Fillon en novembre 2007 de se saisir de cette question, sur la base des propositions du comité Balladur sur une réforme des institutions. Dimanche, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant avait déjà estimé qu'«éliminer» de la course «quelqu'un qui représente 17-18 % des voix, cela pose problème».

Après son point-presse, Marine Le Pen n'avait pas prévu de rendre visite aux élus dans les allées du Salon des maires, organisé parallèlement au Congrès de l'Association des maires de France (AMF). Elle a estimé que ce n'était «pas l'endroit pour aller réclamer les parrainages» et qu'elle rencontrait des maires «toute l'année», «sur le terrain». Elle a cependant indiqué que ses équipes avaient «distribué ce [mardi] matin un appel» à ces mêmes élus sur la question des parrainages.