Nicolas Dupont-Aignan: «Asphyxiés par l'euro»

Recueilli par Anne-Laëtitia Béraud

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Le président de Debout la République, candidat à l'élection présidentielle de 2012, expose à 20 Minutes sa vision d'une France qui retrouverait toute sa place en Europe.

Que pensez-vous de la victoire historique de la droite aux législatives en Espagne?

C'est « Tournez manège ». Les Espagnols, déçus des socialistes, se ruent vers la droite. Mais la question est : « Est-ce que l'on va continuer cette politique de récession cumulative en Europe, avec des pays asphyxiés par l'euro et des taux d'intérêt trop chers ? »

En sortant de l'euro, avec quel argent aller acheter sa baguette ?

Vous prendrez des « euros-francs ». Il faudra imprimer des billets, sortir des pièces. Chaque pays retrouvera une monnaie adaptée à son économie. Et l'on gardera un euro « monnaie commune » pour les transactions entre les banques, les grandes entreprises. Quel est l'enjeu ? Quand on a une monnaie trop chère, les activités économiques partent. En dix ans, la France a perdu un million d'emplois industriels. Si l'on perd un autre million, nous serons des clochards.

Qu'est-ce qui vous différencie de Marine Le Pen ?

Je suis gaulliste. Je crois que l'on ne peut redresser la France qu'en rassemblant les Français, en ne suggérant pas qu'il y a des Français plus français que d'autres. De plus, des éléments sont différents : l'école, la participation dans l'entreprise, la peine de mort… Le protectionnisme et la sortie de l'euro n'appartiennent pas à un candidat.

Ressentez-vous le fait d'être un « petit » candidat présidentiel ?

Il n'y a pas de petit candidat en démocratie. Quant aux 500 signatures, nous sommes aujourd'hui à plus de 380 promesses écrites. Mais, je sais que jusqu'à la dernière limite, tout sera fait pour que je ne les ai pas. Mon discours dérange les tenants d'un système qui préfère voir les extrêmes s'agiter plutôt que voir un candidat raisonnable proposer un vrai changement.

Subissez-vous des pressions ?

Il est clair que des députés UMP essaient de faire signer le maximum de maires pour Nicolas Sarkozy. Ils font pression sur les maires pour qu'il n'y ait pas de candidature alternative. Tous les jours, nous en avons des exemples.