Présidentielle 2012: Eva Joly, un silence et des doutes sur une candidature

POLITIQUE Elle est restée absente du débat sur le nucléaire qui a opposé écologistes et socialistes. Une façon de s'écarter de la course à l’Elysée?...

Enora Ollivier

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Eva Joly au congrès des Verts européens, à Paris, le 12 novembre 2011.
Eva Joly au congrès des Verts européens, à Paris, le 12 novembre 2011. — SIPA/ REVELLI-BEAUMONT

Eva Joly déjà hors jeu? Non, s’époumonent ses proches depuis jeudi. Avec un maître mot: «hauteur». Car si la candidate à la présidentielle d’Europe Ecologie – Les Verts n’est pas intervenue durant le micmac qui a opposé son parti au PS à propos de l’accord sur le nucléaire, c’est selon eux parce qu’elle prend de la distance pour mieux enfiler ses habits de postulante à la fonction suprême. 

«Elle, elle est candidate à la présidentielle et doit s’adresser aux Français», confiait ainsi Yannick Jadot à 20 Minutes jeudi. «Elle a besoin de prendre de la hauteur par rapport à toutes ces questions».

Même argument de Serge Coronado, le directeur de campagne d’Eva Joly, qui estimait jeudi dans Paris-Match que l’accord entre EELV et le PS «n’engage pas» la candidate car «c’est un accord qui concerne une majorité parlementaire. Pas une élection présidentielle»

Parole rare

«Tout va bien», a tenu à rassurer Cécile Duflot, la secrétaire générale d’EELV ce vendredi matin sur France Info. Eva Joly «recommencera à être sur le terrain comme elle l’est depuis des mois – avec beaucoup de talent d’ailleurs – dès le début de la semaine prochaine». 

Reste que le doute est de mise. A six mois de l’élection présidentielle, la parole de la candidate écologiste se fait rare. Et Noël Mamère a jeté un pavé dans la mare jeudi en déclarant dans une interview à Public Sénat qu’Eva Joly «s’interrogeait», soulignant qu’elle était «dans une position extrêmement difficile à assumer». 

Le député-maire de Bègle a tempéré ses propos par la suite  - «J’ai dit qu’elle était troublée (…) pas qu’elle s’interrogeait sur sa candidature» – mais la bombe était lancée. Et Eva Joly a elle-même allumé la mèche, en annulant une interview à 20 Minutes jeudi, puis sa participation à l’émission Des paroles et des actes, où elle devait débattre avec Jean-François Copé sur France 2. 

A la traîne dans les sondages

Dernière défilade de la candidate écologiste: son entourage a annoncé jeudi qu’elle ne se rendrait pas au Conseil fédéral d’EELV, prévu samedi, et où l’accord controversé doit être validé. Rien d’anormal à cela, selon Cécile Duflot qui a rappelé ce vendredi matin que la candidate «n’est pas membre du conseil fédéral, elle n’a pas à voter ou ne pas voter (l’accord)».

A la traîne dans les sondages – le sondage CSA pour 20 Minutes/BFMTV-RMC paru le 17 novembre la crédite de 4% d’intentions de vote au premier tour – Eva Joly semble plongée dans une réflexion sur la direction à donner à sa candidature. Et tandis que la plupart des candidats à la présidentielle occupent le terrain et les médias, elle fait donc le choix de «prendre de la hauteur». Pour ne jamais redescendre?